Les inondations bibliques sont devenues la nouvelle normalité sur Terre. Des chercheurs confirment qu’un monde plus chaud entraîne une augmentation des inondations et la destruction de communautés. Depuis juillet, de fortes pluies au Cameroun, au Tchad, au Niger, au Nigéria et au Soudan ont causé la mort de 2 000 personnes. De nombreuses autres vies ont été brisées, et ces pluies ont été intensifiées par le réchauffement climatique.
Une équipe de chercheurs de six pays, dont le Soudan, l’Égypte et le Kenya, a souligné que l’événement survenu au Soudan n’est pas rare dans le climat actuel. Leur étude, publiée mercredi par l’Initiative de l’attribution des événements météorologiques, établit un lien entre les catastrophes et leurs causes. De plus en plus, la cause principale est un monde plus chaud, qui est déjà 1,3 °C plus chaud qu’avant le début de la Révolution industrielle. La majorité des polluants responsables de ce réchauffement ont été émis dans l’atmosphère par les pays riches.
Dans une région du Soudan, les chercheurs ont constaté que les inondations, jadis rares, ont augmenté de près d’un cinquième depuis 1981. Ils ont averti : « Étant donné que ces événements ne sont plus rares aujourd’hui, cela signifie qu’ils deviendront des occurrences communes, et la région doit se préparer à des événements bien plus graves que ceux observés en 2024. »
Une étude de 2022 sur le bassin du lac Tchad et du fleuve Niger a abouti à une conclusion similaire. Deux ans plus tard, ces bassins ont enduré une autre série de pluies historiques, inondant de larges parties de la région et faisant des victimes ou provoquant des ravages.
Malgré un accord climatique mondial signé par presque tous les pays en 2015, les émissions de carbone continuent d’augmenter. Les négociations climatiques de cette année se tiennent en Azerbaïdjan, ajoutant à une liste de pays hôtes enrichis par l’exploitation des combustibles fossiles.
Les chercheurs ont proposé plusieurs suggestions : réhabiliter les infrastructures endommagées avec un design adapté au climat ; limiter la construction dans les zones sensibles aux inondations ; moderniser les infrastructures essentielles ; et s’assurer que les infrastructures comme les barrages, qui aident à contrôler les inondations, soient adéquates.
Les gouvernements africains doivent également élargir les systèmes d’alerte précoce pour donner aux populations une chance de se protéger. La plupart des pays africains ne disposent pas de systèmes d’alerte fiables. En conséquence, les communautés ne peuvent pas se préparer adéquatement aux catastrophes.
Ce constat met en lumière l’urgence d’agir face à un climat en mutation et à ses conséquences dévastatrices sur les populations les plus vulnérables.
La Rédaction

