Depuis deux jours, l’Afrique du Sud marque le premier anniversaire d’un tournant politique inédit : la formation de son gouvernement d’union nationale. Une année d’équilibre fragile mais de volonté collective.
Il y a tout juste un an, à la suite des élections nationales et provinciales de 2024, le paysage politique sud-africain a connu un bouleversement sans précédent. Pour la première fois depuis l’avènement de la démocratie en 1994, aucun parti n’a décroché la majorité absolue. L’ANC, longtemps dominant, a été contraint de composer avec dix autres formations pour former un Gouvernement d’Union Nationale (GNU).
Deux jours après cet anniversaire symbolique, l’heure est au bilan. La ministre de la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, y voit une démonstration de résilience démocratique : « En seulement quatorze jours, malgré les incertitudes, nous avons constitué un gouvernement. C’est remarquable si l’on considère les mois qu’il faut parfois dans les grandes démocraties parlementaires. »
Une architecture inédite, un pari sur le dialogue
Cette coalition à onze partis repose sur une logique de coopération plutôt que de domination. Pour Ntshavheni, c’est là toute la force du GNU : « Le dialogue et le compromis ont prévalu. Ce n’est pas une alliance par défaut, mais un engagement partagé pour répondre aux attentes du peuple. »
Le président Cyril Ramaphosa, reconduit à la tête du pays, avait lui-même souligné le caractère exceptionnel de cette configuration. Lors de la présentation de son nouveau cabinet, il avait déclaré : « Nous avons construit ce gouvernement dans l’intérêt national, en tenant compte du verdict des urnes et des compétences disponibles au sein de chaque parti. »
Une union fondée sur des principes
Outre le partage du pouvoir, les membres du GNU se sont engagés à respecter des valeurs communes : transparence, professionnalisme, redevabilité et intégrité dans la gestion publique. Pour Ramaphosa, cette charte est indispensable pour restaurer la confiance dans les institutions et garantir une gouvernance crédible.
Douze mois de cohabitation, et après ?
Malgré cette volonté affichée, le chemin reste semé d’embûches. Chômage élevé, frustrations sociales, tensions idéologiques : les défis sont considérables. Le véritable test du GNU commencera peut-être maintenant, avec l’exigence de résultats concrets et de cohésion durable.
Un an après sa naissance dans un climat d’incertitude, le gouvernement d’union sud-africain incarne un pari démocratique inédit sur le continent. Un pari qui, pour tenir, devra continuer de concilier diversité politique et responsabilité collective.
La Rédaction

