Les Talibans ont interdit la pratique du jeu d’échecs, accusé d’encourager les paris. Cette décision marque un nouveau recul pour les libertés culturelles en Afghanistan.
En Afghanistan, les autorités talibanes viennent d’interdire le jeu d’échecs, affirmant qu’il s’agirait d’un « moyen de parier de l’argent ». Cette mesure, rendue publique par le ministère de la Propagation de la vertu et de la prévention du vice, s’inscrit dans une campagne plus large visant à éliminer toute activité perçue comme contraire à leur interprétation stricte de l’islam.
Une interdiction qui frappe un symbole culturel
Le jeu d’échecs, pourtant profondément enraciné dans la culture afghane et la tradition intellectuelle islamique, est désormais considéré par les Talibans comme un vecteur potentiel de jeu d’argent illicite. Une posture qui suscite l’indignation silencieuse d’une partie de la population, notamment chez les jeunes et les amateurs de cette discipline millénaire.
Historiquement, les échecs occupaient une place importante dans les salons de thé, les écoles et même les foyers afghans. Bien plus qu’un simple passe-temps, ils représentaient un exercice de stratégie, de logique et de patience. L’interdiction de ce jeu remet en question non seulement un loisir, mais également un pan entier du patrimoine culturel et éducatif du pays.
Un climat de répression généralisée
Cette mesure ne fait que s’ajouter à une série de restrictions imposées par les Talibans depuis leur retour au pouvoir en août 2021. Cinéma, musique, sport féminin, et désormais les échecs : chaque domaine de la vie sociale et culturelle afghane est passé au crible d’une interprétation conservatrice de la religion, au détriment des libertés individuelles.
La communauté internationale observe avec inquiétude ce resserrement autoritaire, qui touche notamment les femmes, les artistes, les journalistes et désormais les amateurs de jeux intellectuels. Les voix dissidentes, elles, peinent à se faire entendre dans un climat de peur et de censure.
L’interdiction du jeu d’échecs en Afghanistan symbolise une fois de plus le rétrécissement de l’espace culturel et intellectuel sous l’ère talibane. Ce n’est pas seulement un jeu qui disparaît des échiquiers, c’est une forme de liberté de penser qui s’efface.
La Rédaction

