L’armée soudanaise affirme avoir repris le contrôle total de l’État de Khartoum, après avoir chassé les dernières unités des Forces de soutien rapide (RSF) de leurs bastions restants autour de la capitale. Cette annonce marque un tournant majeur dans une guerre civile qui déchire le pays depuis plus d’un an.
Début mars, les forces armées avaient déjà repris le centre-ville, incluant le palais présidentiel, une avancée stratégique saluée par les analystes comme un moment décisif dans la reconquête militaire.
Dans une reconnaissance implicite de ce revers, Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », le chef des RSF, a déclaré sur X (anciennement Twitter) que « le mouvement pour un changement radical » se poursuivait, et ne devait pas être jugé à l’aune de « victoires ou défaites individuelles ».
La situation humanitaire à Khartoum reste dramatique. Des quartiers entiers ont été détruits par les combats, et des milliers de civils ont fui la ville. Si cette victoire militaire conforte l’armée dans son ascendant territorial, elle ne signifie pas pour autant la fin du conflit : les RSF conservent une forte présence dans d’autres régions stratégiques du Soudan, notamment au Darfour.
Khartoum, symbole de l’État, devient aujourd’hui le terrain d’une reconquête politique incertaine. Car au-delà des lignes de front, la véritable bataille qui s’annonce est celle de la légitimité et de la reconstruction d’un État déchiré par la guerre, les ambitions rivales et les ingérences extérieures.
La Rédaction

