Une perquisition menée par les forces spéciales gabonaises vise des membres de la famille de l’ex-première dame, sur fond de tensions politiques persistantes.
Trois proches de Sylvia Bongo, l’ex-première dame du Gabon, ont été arrêtés mardi 8 juillet 2025 lors d’une opération antidrogue menée à leur domicile. L’opération, coordonnée par la Direction générale des recherches et l’Office central de lutte anti-drogue (OCLAD), a donné lieu à des saisies de drogue, d’armes à feu illégalement détenues, de munitions et de pointes d’ivoire.
Parmi les personnes interpellées figurent le beau-frère de Sylvia Bongo, son neveu et l’épouse de ce dernier, selon les précisions apportées à la télévision publique Gabon 1ère par le procureur de la République, Bruno Obiang Mve.
La famille Bongo a réagi vivement. Sur les réseaux sociaux, Sylvia Bongo a dénoncé « l’enlèvement » de ses proches, qu’elle relie à une manœuvre politique. Elle évoque une tentative de pression en lien avec les déclarations récentes qu’elle, son fils Noureddin et l’ex-président Ali Bongo ont faites devant la justice française. Tous trois y ont accusé les nouvelles autorités gabonaises d’atteintes graves à leurs droits, évoquant des actes de torture, des pressions judiciaires et une « séquestration arbitraire » après le coup d’État d’août 2023.
« S’agit-il d’une riposte à nos témoignages ? D’une opération d’intimidation ? », s’interroge-t-elle publiquement, parlant d’une « mise en scène grotesque ». Son avocate, Me Gisèle Eyue-Bekale, affirme que son cabinet a été encerclé par des gendarmes dans la nuit qui a suivi l’opération, renforçant le climat de suspicion.
Depuis la chute du régime Bongo, les anciens dignitaires font face à de multiples poursuites pour détournements de fonds, corruption et haute trahison. Sylvia et Noureddin Bongo, détenus durant vingt mois avant leur départ pour l’Angola mi-mai 2025, doivent être jugés au Gabon en novembre prochain.
Cette nouvelle affaire illustre la tension persistante entre le pouvoir en place et l’ancien clan présidentiel, qui continue de contester la légitimité de la transition en cours.
La Rédaction

