Une motion de destitution à l’encontre du vice-président kenyan Rigathi Gachagua, a été jugée recevable, hier, mardi 1er octobre, par le président de l’Assemblée nationale. La motion, signée par 291 députés soit plus de la majorité des deux tiers requis présente 11 plaintes contre le vice-président.
« Je tiens à dire clairement à cette Assemblée et aux Kényans que je n’ai pas de malveillance, de rancune, ni de vendetta personnelle contre le vice-président. Je m’accomplis simplement en tant que citoyen et député », a déclaré Mutuse Mwengi Kibwezi, membre de l’assemblée nationale, lors de la session parlementaire mardi lorsqu’il a déposé la proposition. Il a présenté une liste de de 291 députés à l’appui de la motion, dépassant les 117 signatures requises pour atteindre le seuil constitutionnel. Le Président Moses Wetangula a confirmé que la motion répondait à tous les critères nécessaires à la poursuite du processus de destitution.
En plus des plaintes, des violations flagrantes de la Constitution, la promotion de la discrimination ethnique et la destruction de l’unité nationale par des déclarations publiques qui divisent sont retenus contre Gachagua. Mutuse a défendu la requête, affirmant qu’il avait neuf témoins préparés pour fournir des éléments de preuve pour chaque accusation. « Si le peuple ne peut pas recevoir de services à cause de Gachagua, nous pensons qu’il est nécessaire de l’expulser pour le bien des Kényans », a souligné Mutuse. Le vice président est accusé de déclarations fausses et malveillantes, en violation du Code pénal et de la loi sur le leadership et l’intégrité, de fautes graves, y compris des attaques imprudentes contre le Service national de renseignement, l’insubordination au Président, l’intimidation des agents publics et la participation à des pratiques de corruption.
Bien plus tôt, une motion de censure avait été déposée au Senat, accusant le président William Ruto de ne pas arriver à protéger la population kényane. Introduite par le sénateur Makueni Dan Maanzo, la motion a mis en exergue la flambée de l’insécurité dans plusieurs régions et la mort d’une dizaine de personnes durant les manifestations de la jeunesse en Juin qui protestait contre le projet de loi de finances controversé.
Avec la motion de censure contre William Ruto et la motion de destitution contre Rigathi Gachagua en jeu, les tensions politiques au Kenya pourraient avoir un impact considérable sur la gouvernance du pays dans les mois à venir.
La Rédaction

