Le gouvernement japonais et l’électricien Tepco font des efforts pour relancer plusieurs des sept réacteurs de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa avant la fin de l’année 2024. Avec une puissance installée équivalente à cinq réacteurs EPR français, ce site représente un enjeu majeur pour la production d’électricité du pays.
Située dans la préfecture de Niigata, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa est la plus grande au monde avec ses sept réacteurs et une puissance totale de 8,2 gigawatts. Appartenant à l’opérateur Tokyo Electric Power Company (Tepco), elle était capable d’alimenter jusqu’à 16 millions de foyers avant son arrêt en 2011 après la catastrophe de Fukushima.
Comme toutes les centrales nucléaires japonaises, Kashiwazaki-Kariwa a été mise à l’arrêt et aucun réacteur n’a encore reçu l’autorisation de redémarrer depuis. Mais le gouvernement japonais et Tepco souhaitent désormais relancer le nucléaire pour réduire la facture énergétique du pays et ses émissions de CO2.
En décembre 2023, l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) japonaise a levé un « ordre d’action corrective » qui empêchait Tepco de charger du combustible dans les réacteurs. Cette décision marque une étape importante vers un redémarrage, même s’il faut encore l’accord des autorités locales.
Tepco a d’ailleurs commencé en avril 2024 à charger des assemblages de combustible dans le réacteur n° 7. La NRA a affirmé que le site pouvait désormais être exploité en toute sécurité après d’importants travaux de modernisation.
Le Japon souhaite augmenter la part du nucléaire dans sa production d’électricité à 20-22 % d’ici 2030 pour réduire sa dépendance aux importations d’énergie fossile. Le redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa, qui représente à lui seul 13 % de la capacité de production de Tepco, est donc un élément clé de cette stratégie.
Après avoir subi une chute de 25 % à seulement 6 % de sa production électrique d’origine nucléaire suite à Fukushima, le Japon mise à nouveau sur l’atome pour assurer sa transition énergétique. Le feu vert au redémarrage de sa plus grande centrale nucléaire est un signal fort en ce sens.
La Rédaction

