Eugene Rwamucyo, a été reconnu coupable entre autres de complicité dans le génocide des Tutsis en 1994. Le verdict est tombé ce mercredi 30 octobre à la cour d’assises de Paris pour 27 ans de prison. Trente ans après le génocide, une quarantaine de dossiers de suspects résidant en France, Etat accusé de complicité, sont encore en cours d’instruction.
Le verdict est tombé à la cour d’assises de Paris, où Eugene Rwamucyo, ancien praticien et enseignant, aujourd’hui âgé de 65ans, est reconnu coupable de participation à l’exécution de blessés, mais aussi d’avoir incité, publiquement, la population à s’en prendre aux Tutsis lors du génocide de 1994. 27 ans de prison pour le médecin et enseignant Eugene Rwamucyo, qui se déclare non coupable depuis le depuis du procès. Pour son avocat qui a annoncé faire appel, le verdict « n’est pas acceptable (…) il n’est pas digne du procès historique qu’il aurait dû être » Dans le camp adverse, « C’est un soulagement de savoir qu’il est enfin reconnu coupable. Maintenant, d’autres qui ont commis des faits semblables, vont se dire, que ce sera demain leur tour, ou dans deux ou trois ans. C’est encourageant, et je ne peux que souhaiter que le processus continue et qu’il s’intensifie en France où il y a un grand retard à tenter de rattraper » a affirme Gasana Ndoba, ancien président de la commission rwandaise des droits de l’homme et partie civile au procès contre Eugene Rwamucyo.
Il y a trente ans, entre les mois d’avril et de juillet 1994, entre 800 000 et un million d’hommes, de femmes et d’enfants, principalement Tutsi l’une des trois ethnies les minoritaire au Rwanda, ont été massacré par un régime d’extrémistes Hutus. Une persécution qui date depuis la montée aux pouvoirs des Hutus en 1962. L’Etat français officiellement alliés avec le gouvernement Hutus lors de ce drame été accusé de complicité, on lui reproche d’avoir tenté de protéger et tenter de faciliter la fuite de certains Hutus génocidaires lors de l’opération Turquoise lancée tardivement.
Eugène Rwamucyo est le neuvième Rwandais jugé en France pour des crimes liés au génocide des Tutsis. Une quarantaine de dossiers de suspects résidant en France sont encore en cours d’instruction. « Nous devons vraiment aller plus loin, parce que les dossiers qui restent sont encore très nombreux, et ces cas ne sont pas moins emblématiques que celui de Rwamucyo. » a mentionné Philibert Gakwenzire, le président de l’association de rescapés Ibuka.
La Rédaction

