L’Afrique de l’Ouest dispose d’importants besoins d’investissement, mais la disponibilité de projets ne garantit pas leur financement. C’est autour de cette équation que la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) réunit, ce mardi 29 septembre à Lomé, décideurs, investisseurs et partenaires financiers. Cette rencontre marquera le lancement officiel de l’EIF 2027, dont l’ambition sera de rapprocher les capitaux disponibles des priorités économiques régionales.
Organisée depuis Lomé, où se trouve le siège de la BIDC, la rencontre constitue la première étape du Forum d’investissement de la CEDEAO, prévu les 7 et 8 avril 2027 au Palais des congrès de la capitale togolaise. L’événement entend réunir institutions publiques, entreprises, banques et partenaires internationaux autour d’une problématique commune : comment mobiliser davantage de ressources pour accompagner la transformation économique de l’Afrique de l’Ouest ?
Des besoins considérables, des financements à mobiliser
La question dépasse la recherche ponctuelle de capitaux. Agriculture, énergie, infrastructures, industrialisation et développement des entreprises nécessitent des investissements durables, alors que les économies ouest-africaines doivent simultanément composer avec les contraintes budgétaires et les incertitudes internationales.
Pour cette première rencontre, la BIDC a retenu trois axes prioritaires : la sécurité alimentaire et le développement des chaînes de valeur agricoles, la finance climatique et environnementale, ainsi que l’accès des petites et moyennes entreprises aux financements, particulièrement celles portées par les femmes et les jeunes.
Ces orientations traduisent un enjeu central : disposer de projets ne suffit pas. Encore faut-il qu’ils présentent des conditions techniques, financières et économiques susceptibles de convaincre les investisseurs, puis qu’ils puissent être exécutés dans des délais maîtrisés.
Une banque régionale en pleine progression
La BIDC aborde cette échéance dans un contexte d’expansion de ses activités. Selon son rapport annuel 2025, la valeur des projets instruits a progressé de 55,8 %, tandis que celle des projets approuvés a augmenté de 114,8 %. Ses engagements ont enregistré une hausse de 83,6 % et les décaissements de prêts ont progressé de 48,5 %.
En valeur absolue, l’institution indique avoir approuvé en 2025 des projets représentant 1,40 milliard de dollars, soit environ 784 milliards de FCFA, et décaissé 715,63 millions de dollars, soit près de 401 milliards de FCFA. Ces indicateurs portent sur différentes étapes de son activité et ne doivent pas être assimilés à un taux de réalisation des projets.
Cette progression donne néanmoins une dimension supplémentaire au prochain forum. L’enjeu ne sera pas uniquement d’augmenter le volume des opérations examinées, mais également de faciliter leur passage de l’approbation au financement effectif.
Lomé prépare le rendez-vous d’avril 2027
Le forum annoncé pour avril prochain devrait justement accorder une place importante aux échanges directs entre porteurs de projets et investisseurs. La programmation prévoit notamment des rencontres professionnelles, des sessions sectorielles et des espaces dédiés à la négociation de partenariats.
La BIDC annonce plus de 1 000 participants attendus, 40 projets et programmes ainsi que plusieurs espaces de négociation. L’édition se déroulera sous le thème « Résilience et transformation : naviguer dans un contexte mondial incertain et libérer une croissance inclusive en Afrique de l’Ouest ».
Pour Lomé, qui accueille déjà le siège de l’institution, ce rendez-vous prolonge son rôle dans les échanges financiers régionaux. Mais la portée économique de l’initiative se mesurera surtout aux projets qui parviendront à obtenir des engagements concrets.
Le lancement de ce mardi ouvre ainsi une séquence de plusieurs mois durant laquelle la BIDC devra rapprocher besoins de développement, projets structurés et investisseurs. Car le défi de l’Afrique de l’Ouest ne réside pas uniquement dans l’identification de ses opportunités, mais dans sa capacité à réunir les financements nécessaires pour les concrétiser.
La Rédaction
Sources : BIDC, rapport annuel 2025 ; plateforme officielle EIF 2027 ; République Togolaise.

