Les effets du changement climatique ne se limitent plus aux écosystèmes ou à l’agriculture. Ils redessinent progressivement les priorités des politiques de santé publique. Au Togo, un programme de 50 millions d’euros, soutenu par le Fonds vert pour le climat (GCF) et l’Allemagne, ambitionne de rendre le système sanitaire plus résilient face aux risques climatiques, avec une attention particulière portée aux femmes enceintes, aux nouveau-nés et aux jeunes enfants.
Les politiques climatiques ne se jouent plus uniquement sur le terrain de l’environnement. Elles investissent désormais celui de la santé publique. Face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême, des inondations et des maladies sensibles aux variations climatiques, le Togo engage une nouvelle étape dans sa stratégie d’adaptation en renforçant la capacité de son système de santé à faire face à ces défis.
Cette évolution s’inscrit dans le cadre d’un programme de 50 millions d’euros mis en œuvre avec l’appui du Fonds vert pour le climat (GCF) et de la coopération allemande (GIZ). Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, ainsi que l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET), participeront à son déploiement.
Anticiper les conséquences sanitaires du changement climatique
L’ambition du projet dépasse le renforcement des infrastructures sanitaires. Il s’agit de mieux anticiper les effets des aléas climatiques sur les populations les plus exposées, en intégrant les risques environnementaux dans la planification des services de santé.
Les interventions cibleront en priorité les trois régions septentrionales du pays, particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Les actions porteront notamment sur le suivi des grossesses à risque, le maintien des services de santé lors des épisodes climatiques extrêmes et le développement de systèmes d’alerte précoce contre le paludisme, les maladies diarrhéiques et les pathologies liées aux fortes chaleurs.
Femmes et enfants au cœur du dispositif
Le programme accorde une place centrale à la santé maternelle et infantile. Les femmes enceintes, les nouveau-nés et les jeunes enfants figurent parmi les populations les plus sensibles aux conséquences sanitaires des dérèglements climatiques, qu’il s’agisse des vagues de chaleur, des inondations ou de la propagation de maladies infectieuses.
En renforçant les capacités des établissements de santé et les dispositifs de prévention, les autorités entendent améliorer la continuité des soins, y compris dans les situations d’urgence climatique.
Une approche intégrée de la résilience
Cette initiative illustre une évolution des politiques publiques, où santé, météorologie et adaptation climatique sont désormais pensées de manière complémentaire. Les données climatiques deviennent un outil d’aide à la décision pour anticiper les risques sanitaires et mieux protéger les populations.
La mise en œuvre du programme est prévue entre 2027 et 2031. À terme, près de quatre millions de personnes devraient bénéficier de ce dispositif, qui marque une nouvelle étape dans l’intégration des enjeux climatiques au sein des politiques de santé publique au Togo.
La Rédaction

