Le Premier ministre israélien, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), entame une visite officielle de cinq jours en Hongrie. En l’accueillant, Viktor Orban défie ouvertement les institutions judiciaires internationales et affiche, une fois de plus, son mépris pour les règles du droit international.
Une visite qui fait fi du droit international
En foulant le sol hongrois ce 2 avril, Benyamin Nétanyahou trouve en Viktor Orban un allié de poids. La Hongrie, bien que signataire du traité de Rome en 2001, ne l’a jamais intégré à son ordre juridique, s’arrogeant ainsi le droit d’ignorer les décisions de la CPI. Pour Budapest, cette visite est un acte souverain. Pour ses détracteurs, c’est un nouvel affront aux principes fondamentaux de la justice internationale.
L’invitation de Nétanyahou n’a rien d’un geste anodin : elle intervient alors que la Cour pénale internationale enquête sur de possibles crimes de guerre commis par Israël. En refusant d’appliquer le mandat d’arrêt, Orban ne se contente pas de protéger un allié : il envoie un message clair à Bruxelles et aux institutions multilatérales qu’il exècre.
Un duo politique sur la même ligne
L’amitié entre Orban et Nétanyahou ne date pas d’hier. Depuis des années, les deux hommes partagent une vision commune du pouvoir, entre nationalisme exacerbé et rejet des ingérences occidentales. Budapest s’est régulièrement démarquée au sein de l’Union européenne en adoptant des positions favorables à Israël, allant jusqu’à bloquer certaines résolutions critiques à l’égard de l’État hébreu.
Cette visite officielle, au-delà des discours protocolaires, est donc un acte politique fort. Elle illustre l’alignement stratégique entre deux gouvernements qui défendent une diplomatie basée sur les rapports de force, loin des principes du droit international.
Un précédent lourd de conséquences
Mais cette posture a un prix. En Hongrie, des voix s’élèvent pour dénoncer une dérive inquiétante. L’avocat pénaliste Pal Batki fustige une décision “juridiquement inacceptable”, qui confirme selon lui “le délitement de l’État de droit en Hongrie”. D’autres pointent les risques d’isolement diplomatique pour Budapest, déjà en froid avec Bruxelles sur plusieurs dossiers.
En déroulant le tapis rouge à un chef de gouvernement visé par un mandat d’arrêt international, Viktor Orban ne prend pas seulement position en faveur d’Israël : il impose une nouvelle fois sa vision d’un monde où le droit s’efface devant la politique. Une ligne risquée, qui pourrait, à terme, se retourner contre lui.
La Rédaction

