Un rapport des Nations unies dresse un constat alarmant : entre gangs, forces de sécurité et groupes d’autodéfense, Haïti s’enfonce dans une crise sécuritaire majeure, marquée par des milliers de morts et des exactions massives.
Haïti traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Selon un rapport du Bureau des droits de l’homme de l’ONU publié fin mars, au moins 5 519 personnes ont été tuées entre mars 2025 et janvier 2026, dans un climat de violence généralisée.
Ce bilan met en lumière une réalité brutale : aucune force en présence n’échappe aux accusations de violences meurtrières.
Une expansion méthodique des gangs
Les groupes armés ont considérablement élargi leur emprise au-delà de Port-au-Prince. Routes stratégiques, axes commerciaux et zones côtières sont progressivement passés sous leur contrôle, facilitant trafics et déplacements.
Pour asseoir leur domination, ces gangs recourent à une violence extrême : enlèvements, exécutions, extorsions et destruction de biens. Les civils restent les premières victimes de cette stratégie de terreur.
Les violences sexuelles, en particulier, sont utilisées comme outil de domination. Des centaines de femmes ont été victimes de viols, souvent collectifs, dans un climat d’impunité quasi totale.
Un bilan marqué par la multiplicité des acteurs
Le rapport souligne une répartition des violences qui illustre la complexité du conflit :
•Plus de 1 400 morts liés directement aux gangs
•Près de 3 500 décès lors d’opérations des forces de sécurité
•Plusieurs centaines de victimes imputées à des groupes d’autodéfense
À cela s’ajoutent des cas d’exécutions sommaires et de lynchages, révélateurs d’un effondrement progressif de l’État de droit.
Une réponse sécuritaire controversée
Face à l’ampleur de la crise, les autorités haïtiennes ont intensifié leurs opérations. Le rapport évoque notamment le recours à une société militaire privée étrangère, impliquée dans des interventions armées, dont certaines frappes de drones.
Ces actions soulèvent de vives inquiétudes. L’ONU estime que plusieurs opérations pourraient s’apparenter à des exécutions ciblées, posant la question du respect du droit international et de la responsabilité de l’État.
Une crise structurelle sans réponse durable
Au-delà de l’urgence sécuritaire, les Nations unies insistent sur un point clé : la violence des gangs ne pourra être contenue sans s’attaquer aux réseaux qui les financent et les soutiennent.
Le démantèlement de ces circuits, politiques et économiques, apparaît comme une condition indispensable pour espérer stabiliser durablement le pays.
Un pays au bord de la rupture
Ce rapport dessine le portrait d’un État fragilisé, débordé par une violence qui s’étend et se diversifie. Entre expansion des gangs, dérives sécuritaires et justice parallèle, Haïti semble pris dans une spirale difficile à enrayer.
Derrière les chiffres, c’est une société entière qui vacille, confrontée à une crise sécuritaire et humanitaire d’une intensité croissante.
La Rédaction

