La Cédéao, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, a récemment dépêché une mission technique en Sierra Leone pour évaluer le différend frontalier avec la Guinée autour du village de Yenga. Ce territoire, situé dans l’est de la Sierra Leone, est occupé par l’armée guinéenne depuis la fin de la guerre civile sierra-léonaise en 2002, malgré plusieurs accords de restitution restés lettre morte.
Selon un responsable de la Cédéao, la mission est purement d’évaluation. Elle est composée de techniciens chargés de constater la situation et de produire un rapport à l’attention des chefs d’État de Guinée et de Sierra Leone, conformément à une recommandation du dernier sommet de l’organisation. « Ils n’ont aucun pouvoir de décision », précise-t-il.
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La délégation s’est rendue à Koindu, ville frontalière proche de Yenga, pour constater les faits aux côtés des autorités locales. Cependant, dès le lendemain, les tensions ont éclaté. Selon le député sierra-léonais de Yenga, Fallah Kenawah Tengbeh, les forces guinéennes ont tiré en l’air dans la nuit du 30 août. Le lendemain, des soldats armés ont pénétré dans les positions sierra-léonaises avant de se replier. « C’est de la provocation. Nos populations souffrent, sans nourriture, sans soins, sans éducation », a déploré le député.
La Cédéao doit encore rencontrer les autorités guinéennes avant de finaliser son rapport. Pour le député Tengbeh, l’implication directe de Julius Maada Bio, chef de l’État de la Sierra Leone et président en exercice de la Cédéao depuis juin 2025, apporte enfin une impulsion à ce dossier vieux de vingt ans.
La Rédaction

