Ce samedi 16 novembre, les Gabonais se rendent aux urnes pour un référendum crucial sur l’avenir institutionnel du pays. Près d’un million d’électeurs sont appelés à se prononcer sur une nouvelle Constitution proposée par le président de la transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce texte, issu du dialogue national d’avril dernier, vise à réformer les institutions, en instaurant un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois et en abolissant la transmission dynastique du pouvoir.
Dès les premières heures de la matinée, les bureaux de vote de Libreville et d’autres localités ont vu affluer des électeurs motivés par l’importance historique de ce scrutin. Maurice Obiang Ondo, superviseur dans un centre de vote à Akanda, note une bonne organisation, bien que des retards aient été signalés dans certains lieux.
Cependant, des problèmes persistent. Brice Idoundou, en consultant les listes électorales, dénonce la présence de noms de personnes décédées, remettant en question la fiabilité du processus. Pendant ce temps, Madame Moubiya, une électrice âgée, s’indigne de voir son bureau de vote déplacé à Lambaréné, à 300 km de Libreville : « Je veux voter, mais ils rendent cela impossible pour nous, les anciens. »
Malgré ces incidents, le gouvernement reste optimiste. Avec un budget de 27 milliards de francs CFA alloué à l’organisation du scrutin, des efforts importants ont été déployés pour inclure un maximum de citoyens, notamment à travers la distribution de cartes dans les mairies et consulats.
Ce référendum, marquant une étape essentielle vers un retour à un régime civil après le coup d’État d’août 2023, suscite à la fois espoir et appréhension. Si le taux de participation reflète l’enthousiasme des Gabonais, les défis logistiques pourraient néanmoins en atténuer la portée. Les résultats attendus dans les jours à venir révéleront si cette consultation populaire aura rempli ses promesses de changement.
La Rédaction

