L’accord migratoire entre les États-Unis et la Guinée équatoriale suscite une vive controverse. Washington aurait versé 7,5 millions de dollars à Malabo pour que ce petit État d’Afrique centrale accepte des migrants expulsés du territoire américain. Révélée par une sénatrice démocrate, l’information met en lumière un partenariat opaque entre une administration en quête de fermeté migratoire et un régime réputé pour sa répression.
À lire aussi : Rwanda : sept migrants expulsés des États-Unis accueillis à Kigali
Un accord qui interroge la morale américaine
La somme versée provient d’un fonds d’urgence du Congrès destiné à la gestion des crises internationales de réfugiés. Son utilisation pour financer un transfert de migrants vers un pays autoritaire choque une partie de la classe politique américaine.
Des parlementaires dénoncent une instrumentalisation cynique de fonds humanitaires pour des objectifs politiques. Le choix de la Guinée équatoriale, souvent pointée du doigt pour ses atteintes aux droits humains, ajoute une dimension éthique à la controverse.
Malabo, un partenaire à la réputation sulfureuse
Le régime du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, est régulièrement accusé de corruption systémique et de détournement de fonds publics. Plusieurs membres de sa famille, dont son fils Teodorin Obiang, ont déjà été visés par des enquêtes internationales pour enrichissement illicite.
Dès lors, le transfert de millions de dollars à un tel gouvernement suscite des doutes quant à leur utilisation réelle. Des ONG s’inquiètent également du sort réservé aux migrants qui seraient renvoyés vers un pays où la torture et la détention arbitraire demeurent documentées.
À lire aussi : Eswatini : le cri silencieux d’un Cubain expulsé des États-Unis
Trump persiste sur sa ligne dure
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier dernier, Donald Trump a réaffirmé sa volonté de freiner l’immigration illégale. Cette politique se traduit par des accords controversés avec des pays africains et latino-américains, destinés à externaliser la gestion migratoire loin du sol américain.
Mais ce nouvel épisode risque de ternir davantage l’image de Washington sur la scène internationale, accusé de marchander la dignité humaine au nom de la sécurité nationale.
La Rédaction

