Conakry – Le gouvernement guinéen vient de décréter une interdiction totale de la coupe, de la transformation et de la commercialisation du bois, effective sur toute l’étendue du territoire national. Cette mesure, en vigueur du 7 juillet au 30 septembre 2025, marque le lancement officiel de la période de repos biologique, une initiative cruciale pour la régénération des forêts du pays.
Une mesure écologique d’envergure
Cette décision, portée par le ministère de l’Environnement et du Développement durable, s’inscrit dans une politique de conservation des ressources forestières nationales. L’objectif est clair : ralentir le rythme de la déforestation, laisser à la nature le temps de se régénérer, et mettre un frein à l’exploitation illégale du bois.
« Le repos biologique est une fenêtre indispensable pour que la nature reprenne ses droits », souligne une source interne du ministère. « Il ne s’agit pas seulement de suspendre l’activité, mais de donner une chance à l’écosystème de se réparer. »
Contrôles stricts et sanctions annoncées
Pour garantir l’application effective de cette interdiction, des contrôles seront intensifiés dans les zones à risque, notamment en Guinée forestière, en Haute-Guinée et dans les périphéries urbaines où l’exploitation du bois est fortement pratiquée. Le ministère prévient : tout contrevenant s’expose à des sanctions, administratives et pénales.
L’implication des autorités locales, des forces de sécurité environnementale et des ONG partenaires est annoncée pour assurer un maillage efficace du territoire durant cette période.
Une biodiversité sous pression
La Guinée figure parmi les pays d’Afrique de l’Ouest les plus riches en biodiversité, mais le couvert forestier y a diminué de façon alarmante au cours des deux dernières décennies. Les pressions viennent principalement de :
• La production de charbon de bois,
• L’exploitation agricole extensive,
• Les exportations de bois non traçables.
Ce repos biologique est donc perçu comme une pause vitale, autant pour les espèces végétales que pour les espèces animales qui dépendent des forêts.
Une décision saluée, mais à surveiller
Si la décision gouvernementale est saluée par les acteurs de la société civile, sa mise en œuvre reste un défi. Le succès du repos biologique dépendra de la rigueur des contrôles et de la coopération des communautés locales.
En parallèle, des campagnes de sensibilisation sont attendues, notamment dans les régions rurales, pour expliquer l’importance de cette trêve environnementale et impliquer les populations dans sa réussite.
La Rédaction

