Dans une lettre ouverte publiée le 3 octobre, 24 personnalités africaines demandent à la Cédéao de renforcer son action en Guinée-Bissau. Elles réclament un dialogue inclusif, des libertés politiques garanties et une évaluation indépendante du référendum constitutionnel du 30 août.
La transition militaire bissau-guinéenne fait l’objet d’une nouvelle interpellation régionale. Parmi les signataires figurent l’ancien président cap-verdien Pedro Pires, l’ancien Premier ministre bissau-guinéen Aristides Gomes et les anciens ministres sénégalais Cheikh Tidiane Gadio et Abdoulaye Bathily. Leur appel porte sur l’application des engagements de la Cédéao et les conditions d’un retour à des institutions civiles.
Un référendum contesté
La crise remonte au coup d’État du 26 novembre 2025, intervenu après les élections générales du 23 novembre, avant la proclamation des résultats. Le référendum du 30 août 2026 a depuis modifié le cadre institutionnel. Selon les résultats provisoires rapportés par Reuters, la nouvelle Constitution a recueilli 70 % des suffrages, avec une participation proche de 60 %. Elle renforce les pouvoirs présidentiels et modifie les règles électorales.
Le PAIGC, principal parti d’opposition, avait appelé au boycott. Les auteurs de la lettre demandent une vérification indépendante des conditions du vote, notamment de la participation. Ces contestations doivent être distinguées d’une fraude démontrée.
Des demandes distinctes des décisions régionales
Les signataires saluent le départ au Portugal de Domingos Simões Pereira pour recevoir des soins, tout en réclamant une résolution définitive de sa situation et de celle des autres détenus politiques. Cette sortie médicale ne signifie pas l’abandon des poursuites.
Ils demandent également un calendrier crédible, des garanties de pluralisme et un suivi rigoureux de la transition. La possibilité de sanctions individuelles ciblées figure dans leur appel : elle ne constitue pas l’annonce de nouvelles sanctions par la Cédéao.
Une médiation déjà engagée
Lors du sommet du 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, la Cédéao avait demandé la libération inconditionnelle des personnalités politiques détenues et insisté sur la transparence du processus. Elle avait aussi confié au Sénégal un rôle de facilitation. Une délégation sénégalaise en a présenté le mandat aux autorités de transition début août.
Le communiqué mentionne des élections générales prévues le 6 décembre. À ce lundi 5 octobre, aucune réponse officielle spécifiquement adressée à la lettre n’a été retrouvée dans les sources consultées. L’enjeu dépasse désormais le calendrier : il porte sur la liberté des acteurs politiques et la crédibilité des institutions à reconstruire.
La Rédaction
Sources : SenePlus, lettre du 3 octobre ; Cédéao, communiqué du sommet du 19 juillet ; Reuters, 1er septembre ; Euronews/AFP, 25 juillet ; APS, 8 août 2026.

