Alors que le Togo a célébré en février les 20 ans de la disparition du général Gnassingbé Eyadéma, l’écrivain et analyste politique Cyr Adomayakpor publie un texte rare, mêlant souvenirs intimes et héritage géopolitique. Un éclairage hors des sentiers battus, qui tombe à point nommé.
- Un témoignage qui bouscule les codes
Dans «Ma petite & brève histoire avec le Général Eyadéma », Adomayakpor évite l’hagiographie traditionnelle. Il raconte :
- Une rencontre improbable (années 90, Paris) : «Je m’attendais à un bureau majestueux… Je suis tombé sur un homme qui tapait des pieds sur son parquet, avec un regard qui transperçait. »
- Un lien familial : Son père, ancien Directeur de la Sûreté sous Eyadéma, lui transmet l’image d’un chef «exigeant mais humain », comme en témoignent les appels téléphoniques nocturnes : «Passez-moi Adomayakpor ! ».
- Une émotion intacte : «J’ai pleuré en apprenant sa mort. Sa voix résonnait encore dans ma tête. »
Pourquoi ça marche ?
Ce récit démythifie le « père de la nation » sans l’affaiblir – une approche rare dans un pays où la mémoire politique reste sensible.
- 2025 : L’actualité qui donne raison à Eyadéma
Le texte ne se limite pas au passé. Adomayakpor y voit une clé pour comprendre le Togo d’aujourd’hui :
- Diplomatie : «Il avait tracé le chemin… Faure Gnassingbé en a magnifié la quintessence. »L’exemple des médiations togolaises (RDC-Rwanda, Sahel) prouve cette continuité.
- Panafricanisme : La lutte contre «les jeux nuisibles des puissances » (néocolonialisme, dépendance) résonne avec les débats actuels.
- Jeunesse togolaise : Pour une génération qui n’a pas connu Eyadéma, ce texte est un pont vers l’histoire.
«Un visionnaire qui avait un siècle d’avance. »
- Pourquoi publier ce texte maintenant ?
Trois raisons qui justifient ce timing « décalé » :
- Éviter le bruit : En février, les hommages officiels noyaient les nuances. Aujourd’hui, le texte peut être lu avec recul.
- Répondre à l’actualité : Les récentes médiations de Faure Gnassingbé relancent le débat sur l’école diplomatique togolaise – dont Eyadéma fut l’architecte.
- Un format qui dure : Contrairement aux discours éphémères, ce texte est une «trace littéraire » pour l’avenir.
L’héritage comme fil rouge
«Dieu met des idées dans certains hommes comme des parfums dans des vases. Quand le vase tombe, l’idée se répand », écrit Adomayakpor, citant Hugo. Vingt ans après sa mort, Eyadéma incarne toujours cette maxime : son héritage ne se commémore pas, il se vit.
À retenir :
- Un texte hors calendrier pour un débat hors du temps.
- Une plume personnelle là où d’autres seraient protocolaires.
- Une actualisation par les preuves (diplomatie, jeunesse, Afrique).

