La campagne maraîchère de contre-saison a pris son envol dans la région des Savanes, au nord du Togo, avec de nombreux producteurs engagés dans la culture de tomates, oignons, carottes et piments verts. Cette période représente une opportunité pour diversifier les revenus agricoles et répondre à la demande croissante du marché national en légumes frais.
Cependant, la disponibilité de l’eau, élément crucial pour ces cultures, devient une source d’inquiétude. Dans plusieurs localités, les points d’eau montrent déjà des signes de raréfaction, bien avant la période critique habituelle. Certains producteurs craignent que cette situation ne devienne critique dès le mois de janvier.
« La saison a démarré correctement, mais nous constatons que l’eau se tarit rapidement. Il y a certaines zones où dès janvier, les producteurs pourraient être confrontés à une pénurie », expliquent des maraîchers locaux. Depuis la fin des pluies, beaucoup se sont précipités vers les bas-fonds, les périmètres irrigués et les petites retenues d’eau pour assurer leurs cultures. Cette mobilisation est beaucoup plus visible que l’année précédente.
Yedouboame Ligbe, président des producteurs maraîchers de Tône, souligne : « La production de tomates, oignons et carottes est fortement engagée cette année. La chaleur intense de fin octobre a été adoucie par l’arrivée du vent d’harmattan, ce qui est favorable pour nos cultures ».
Si les conditions climatiques et hydriques restent favorables, les marchés nationaux pourraient bientôt bénéficier d’une abondance de légumes à des prix accessibles pour les consommateurs. Toutefois, le succès de cette campagne dépend en grande partie de la gestion de l’eau et de l’efficacité des systèmes d’irrigation utilisés par les producteurs.
La contre-saison dans les Savanes illustre ainsi le lien étroit entre agriculture et climat, et met en lumière la nécessité de solutions durables pour sécuriser l’accès à l’eau dans les zones rurales.
La Rédaction

