Une page historique du Gabon s’est discrètement tournée : l’ex-président déchu Ali Bongo Ondimba, en résidence surveillée depuis le coup d’État du 30 août 2023, a été libéré avec sa famille et transféré en Angola. Un geste diplomatique fort, piloté par le président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine.
Une libération discrète mais très politique
C’est par un communiqué sobre mais symboliquement chargé que la présidence angolaise a confirmé l’arrivée de la famille Bongo sur son territoire. « À la suite des initiatives du président João Lourenço auprès du président Brice Oligui Nguema, la famille Bongo a été libérée et vient d’arriver à Luanda », a-t-elle annoncé sur les réseaux sociaux.
Peu après, plusieurs photographies officielles ont été publiées : on y voit Ali Bongo, souriant, vêtu sobrement, descendant d’un avion aux couleurs de l’Angola, accompagné de son épouse Sylvia et de leur fils Noureddin. L’ex-président, affaibli depuis son AVC de 2018, s’appuie sur une canne, mais son visage détendu contraste avec les mois d’isolement forcé passés à Libreville.
Un tournant dans la transition gabonaise
Depuis sa prise de pouvoir, le général-président Brice Oligui Nguema s’efforce de stabiliser le pays, en initiant une transition institutionnelle encadrée. Mais la question du sort réservé aux Bongo restait un point de crispation majeur, tant sur le plan politique que judiciaire.
L’épouse d’Ali Bongo, Sylvia Bongo Valentin, et leur fils Noureddin Bongo Valentin, avaient été placés en détention après le coup d’État, accusés de détournements de fonds publics, corruption, et enrichissement illicite. Leur libération et leur départ du territoire ne signifient pas nécessairement une amnistie, mais pourraient s’inscrire dans une stratégie d’apaisement négociée sous l’égide de l’Union africaine.
Un exil définitif ?
Pour l’heure, aucune déclaration officielle ne précise si Luanda est une destination provisoire ou le début d’un exil durable. João Lourenço, figure influente du continent, semble jouer un rôle de facilitateur régional, misant sur la stabilité du Gabon pour prévenir tout regain de tensions.
Du côté gabonais, la présidence de transition n’a pas encore communiqué sur les circonstances de ce transfert. Mais l’image d’un Ali Bongo libre, quittant son pays pour la première fois depuis sa chute, marque sans doute le début d’un nouveau chapitre pour l’ancien régime comme pour le peuple gabonais.
La Rédaction

