Le Ghana hausse le ton. Accra a dénoncé mercredi ce qu’il qualifie de dérives graves dans le traitement réservé à plusieurs de ses ressortissants à l’aéroport Ben Gourion, en Israël. Selon le ministère ghanéen des Affaires étrangères, des voyageurs ont été « ciblés », « traumatisés » et, pour certains, renvoyés du pays sans justification valable — un incident qui pourrait ouvrir une nouvelle séquence diplomatique tendue entre les deux États.
Une série d’interpellations jugées arbitraires
Depuis dimanche, au moins sept citoyens ghanéens ont été retenus par les autorités israéliennes. Parmi eux, quatre députés en mission officielle, arrivés pour participer à une conférence internationale sur la cybersécurité à Tel-Aviv. D’après Accra, les parlementaires ont été immobilisés plusieurs heures, sans motif crédible, avant d’être relâchés après l’intervention insistante des diplomates ghanéens.
Parallèlement, trois autres voyageurs ont été purement et simplement expulsés et renvoyés au Ghana par le premier vol disponible.
Pour le gouvernement ghanéen, il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’un schéma délibéré qui vise spécifiquement ses ressortissants. Le ministère évoque des fouilles intrusives, des interrogatoires prolongés et un traitement considéré comme humiliant.
Accra parle d’« acte provocateur »
Dans un communiqué d’une rare fermeté, le Ghana décrit le comportement des autorités frontalières israéliennes comme « provocateur », « inacceptable » et contraire aux usages diplomatiques à l’égard de citoyens en mission officielle.
Le gouvernement affirme qu’il ne tolérera pas que des représentants nationaux ou des voyageurs ordinaires soient soumis à des pratiques qu’il juge indignes et discriminatoires.
Convocation de l’ambassade d’Israël et menace de mesures de rétorsion
La crise prend désormais une dimension politique assumée.
Le ministère ghanéen a annoncé la convocation immédiate des responsables de l’ambassade d’Israël à Accra, afin d’exiger des explications « dans les termes les plus forts ».
Accra indique également examiner des mesures de réciprocité, un signal clair que le Ghana n’exclut aucun levier diplomatique si l’incident ne reçoit pas de réponse satisfaisante.
Une relation bilatérale fragilisée ?
Jusqu’ici cordiales et axées sur la coopération technologique et sécuritaire, les relations Ghana–Israël pourraient être ébranlées si l’affaire s’envenime.
La conférence de cybersécurité à laquelle participait la délégation parlementaire devait justement renforcer les échanges entre les deux pays.
Désormais, c’est un climat de suspicion et d’indignation qui domine à Accra.
La Rédaction

