L’Organisation des Pays Africains Producteurs de Pétrole (APPO) prépare le lancement en 2025 de la Banque africaine de l’énergie, une initiative stratégique pour renforcer les investissements dans le secteur des hydrocarbures et de l’énergie sur le continent.
Selon Zakaria Dosso, directeur général de AEICORP, bras financier de l’APPO, cette banque répond à la réduction des financements internationaux dans ce domaine. Il a souligné, lors du Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE) à Abidjan, que cette institution ambitionne de combler les lacunes en matière de production, de raffinage et de distribution d’énergie en Afrique.
Une solution à la dépendance énergétique
Aujourd’hui, plus de 75 % du pétrole brut africain est exporté, tandis que plus de 50 % des produits pétroliers consommés sont importés. Cette situation limite la valeur ajoutée sur le continent, accentuant la dépendance énergétique. Par ailleurs, la production de pétrole brut, qui était de 10 millions de barils par jour en 2008, a chuté à 5 millions en 2023, en raison d’un manque d’investissements.
La Banque africaine de l’énergie, basée à Abuja, ambitionne d’investir dans l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique afin de réduire cette dépendance. Dotée d’un capital initial de 5 milliards de dollars, financé à 60 % par l’APPO et Afreximbank, et à 40 % par des actionnaires comme les banques régionales, elle entend autonomiser le secteur énergétique africain.
Des projets pour soutenir l’industrialisation
La future banque visera notamment à financer la création de raffineries, s’inspirant de la raffinerie Dangote au Nigeria, un projet emblématique pour la transformation locale du pétrole brut. En revanche, elle opérera principalement via des banques locales qui serviront d’intermédiaires pour appuyer les petites et moyennes entreprises du secteur.
Alternatives de financement et enjeux durables
Lors du panel, Denis Charles Kouassi, directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) en Côte d’Ivoire, a proposé le développement des fonds de pension comme alternative pour mobiliser des capitaux à long terme. Il a cité les projections de la CNPS, qui pourrait atteindre un portefeuille de 3 000 milliards de FCFA d’ici 2030.
Par ailleurs, Oumar Tembely, président de la BOAD, a affirmé que son institution collaborera avec des partenaires mondiaux, tels que le Fonds vert pour le climat, pour garantir des financements durables. La BOAD s’est dite prête à accompagner cette initiative.
Un rendez-vous pour le développement durable
Le SIREXE, qui se déroule à Abidjan, met l’accent sur les politiques et stratégies nécessaires pour développer durablement les industries extractives et énergétiques. Ce cadre ambitionne d’encourager des solutions africaines face aux défis de financement et d’industrialisation énergétique.
Avec le soutien des principaux pays producteurs comme le Nigeria, l’Angola et le Ghana, cette banque pourrait devenir un levier clé pour transformer le paysage énergétique du continent.
La Rédaction

