À l’approche de l’élection présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire, le nom d’Augustin Thiam revient dans le débat public. Fidèle parmi les fidèles du président Alassane Ouattara, le ministre-gouverneur du district autonome de Yamoussoukro continue d’assumer son engagement sans ambiguïté, malgré les remous politiques suscités par l’ascension de son frère cadet, Tidjane Thiam, devenu l’an dernier président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation d’opposition.
Une fidélité assumée au RHDP
« Mon engagement n’a pas varié depuis plus de vingt ans », insiste Augustin Thiam. Nommé en 2011 à la tête du district de Yamoussoukro, ville natale d’Houphouët-Boigny, par Alassane Ouattara, il s’est toujours revendiqué comme “alassaniste” convaincu. Son parcours est marqué par la loyauté au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), même lorsque des vents contraires soufflent dans sa sphère familiale.
Le poids d’un nom et les silences de famille
Si Augustin Thiam continue de défendre sans fléchir la vision du président, il n’échappe pas aux critiques. Depuis que son frère Tidjane Thiam, ancien banquier international, a pris la tête du PDCI, les regards se tournent plus que jamais vers cette fratrie aux fidélités divergentes. Augustin refuse pourtant d’alimenter la polémique : « Je n’ai de comptes à rendre qu’à Alassane Ouattara. »
Cette affirmation tranche avec les tentatives de certains acteurs politiques de créer un duel familial sur fond de bataille électorale. Pour Augustin Thiam, il ne s’agit pas de rivalités de sang, mais de choix politiques assumés. Il déplore néanmoins les attaques personnelles dirigées contre son frère, tout en rappelant que chacun a droit à son propre destin politique.
Le symbole de Yamoussoukro
Ministre-gouverneur du berceau politique d’Houphouët-Boigny, Augustin Thiam incarne un lien entre l’héritage du « père de la nation » et le projet politique d’Alassane Ouattara. Sa posture est stratégique : incarner la continuité tout en consolidant l’ancrage du RHDP dans une région historiquement marquée par le PDCI.
À Yamoussoukro, où le souvenir de Félix Houphouët-Boigny reste omniprésent, Augustin Thiam représente une figure tutélaire, respectée pour sa discrétion autant que pour sa fidélité à la ligne présidentielle. Dans un contexte préélectoral de plus en plus polarisé, il pourrait bien devenir un maillon essentiel du dispositif de campagne du RHDP dans le centre du pays.
Entre fidélité politique et héritage familial
À travers Augustin Thiam, c’est toute la complexité de la politique ivoirienne qui s’exprime : une dialectique entre continuité institutionnelle, fidélité personnelle et poids des appartenances familiales. S’il garde le silence sur les ambitions de son frère, il parle fort en faveur d’un seul homme : Alassane Ouattara.
La Rédaction

