Le Ghana veut redonner vie à une industrie textile autrefois florissante, mais aujourd’hui en perte de vitesse. Pour relancer l’usine Volta Star Textiles, fermée depuis 2023, le gouvernement de John Dramani Mahama a engagé des discussions avec le Bénin afin de sécuriser l’approvisionnement en coton. Au-delà de ce partenariat, Accra cherche à reconstruire une filière industrielle capable de renouer avec la création d’emplois et la transformation locale.
Une stratégie de réindustrialisation
Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé l’ouverture de négociations avec les autorités béninoises en vue de conclure un protocole d’accord portant sur la fourniture de fibre de coton à l’usine Volta Star Textiles Limited, implantée à Juapong, dans la région de la Volta.
Cette initiative s’inscrit dans la politique de relance industrielle engagée par le gouvernement, qui entend réhabiliter des infrastructures de production longtemps considérées comme stratégiques pour l’économie nationale.
Créée en 1968 sous le nom de Juapong Textiles Limited avant d’être reprise par l’État en 2007, l’usine a longtemps constitué l’un des principaux pôles de filature et de tissage du Ghana. À son apogée, elle produisait près de 24 millions de mètres de tissu par an et faisait vivre tout un écosystème économique, des producteurs de coton aux entreprises de transport, en passant par les services et l’emploi industriel.
Une industrie confrontée à de profondes difficultés
Comme de nombreuses manufactures africaines, Volta Star Textiles a progressivement perdu en compétitivité sous l’effet du vieillissement de ses équipements, de difficultés financières récurrentes et de la concurrence des textiles importés.
Malgré plusieurs tentatives de restructuration, l’usine a finalement cessé ses activités en juillet 2023, confrontée notamment à un lourd endettement énergétique et à des inefficacités opérationnelles. Les autorités indiquent aujourd’hui avoir retenu un investisseur chargé d’accompagner sa relance, sans encore dévoiler son identité.
Le Bénin, un partenaire naturel
Pour remettre en marche cette unité industrielle, le Ghana doit d’abord garantir un approvisionnement régulier en matière première. Or la production nationale de coton reste insuffisante pour répondre aux besoins d’une industrie textile de grande capacité.
Le choix du Bénin apparaît donc stratégique. Premier producteur de coton d’Afrique de l’Ouest, le pays dispose d’une filière particulièrement dynamique. En 2025, les exportations de coton non cardé ni peigné ont généré plus de 223 milliards de francs CFA de recettes, principalement grâce aux marchés du Bangladesh, de l’Inde, du Pakistan, de la Chine et des Émirats arabes unis.
Si les discussions aboutissent, le Ghana pourrait devenir un nouveau débouché régional pour cette production, au moment où le secteur béninois anticipe une hausse de près de 8 % de la récolte de coton graine pour la campagne 2026-2027, avec une production attendue de 700 000 tonnes.
Une coopération régionale porteuse d’enjeux
Au-delà de la remise en service d’une usine, ce projet traduit une évolution plus large des politiques industrielles en Afrique de l’Ouest. Face aux difficultés d’approvisionnement et à la concurrence internationale, plusieurs États cherchent désormais à renforcer les complémentarités régionales entre producteurs de matières premières et industries de transformation.
Pour le Ghana, la relance de Volta Star Textiles représente bien plus qu’un simple redémarrage industriel. Elle s’inscrit dans une ambition de réindustrialisation visant à créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire, réduire la dépendance aux importations de produits textiles et reconstruire une filière capable de soutenir durablement l’emploi et la croissance.
La Rédaction

