La Gambie durcit le contrôle sur l’activité des médias étrangers. Le ministère de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion a ordonné aux journalistes étrangers travaillant sans permis, accréditation ou autorisation requise de suspendre immédiatement leurs activités et de régulariser leur situation.
Les autorités disent avoir constaté que certains professionnels couvraient récemment des événements dans le pays sans avoir accompli les formalités prévues. Banjul rappelle que la participation à un événement public ne dispense pas les médias étrangers de ces obligations et avertit que les contrevenants s’exposent aux mesures prévues par la loi.
Une décision observée de près
Le gouvernement présente cette mesure comme une simple application de la réglementation et réaffirme son attachement à la liberté de la presse et à la liberté d’expression. Mais elle intervient dans un contexte déjà sensible autour de l’encadrement des médias.
En avril 2026, la Gambia Press Union et plusieurs organisations professionnelles avaient contesté des projets d’enregistrement ou de licence des journalistes et médias en ligne, estimant qu’un contrôle administratif excessif pourrait restreindre l’exercice du journalisme.
Ces débats ne concernent pas exactement le même dispositif que l’accréditation des correspondants étrangers. Ils expliquent néanmoins pourquoi toute nouvelle exigence imposée aux médias est examinée avec attention.
L’application sera déterminante
L’obligation d’accréditation des journalistes étrangers n’a rien d’exceptionnel en soi. L’enjeu réside surtout dans les conditions de sa mise en œuvre : procédures transparentes, délais raisonnables et critères identiques pour tous.
Le ministère invite d’ailleurs les journalistes concernés à se rapprocher de ses services afin de régulariser leur situation. Si ces formalités restent purement administratives, la mesure relèvera essentiellement de la régulation. Si elles deviennent un moyen de filtrer certains médias, événements ou sujets, la question de la liberté de la presse se posera directement.
En Gambie, le véritable test ne sera donc pas l’existence de l’accréditation, mais la manière dont l’État choisira de l’utiliser.
La Rédaction
Sources : ministère gambien de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion ; Gambia Press Union ; presse gambienne.

