À Bangui, les rumeurs vont bon train. Depuis plusieurs jours, la capitale centrafricaine bruisse de spéculations sur l’état de santé du président Faustin-Archange Touadéra. En cause : un voyage discret à Bruxelles, présenté par certains médias comme une évacuation sanitaire d’urgence.
Le gouvernement a réagi rapidement pour éteindre la polémique. Dans un communiqué, les autorités affirment que le chef de l’État n’a pas été évacué, mais qu’il s’agissait d’un déplacement prévu de longue date. Le président aurait simplement profité de ce séjour pour passer un contrôle médical de routine, selon la version officielle.
Mais la mise au point n’a pas suffi à calmer les soupçons. Le site Africa Intelligence évoque, lui, un départ en jet médicalisé, un détail qui relance les spéculations. Pourquoi une telle logistique pour un simple bilan de santé ? La question agite les cercles politiques, médiatiques et citoyens de Bangui.
Martin Ziguélé, figure de l’opposition, a appelé à davantage de transparence sur la santé du président. « Le peuple a le droit de savoir si son chef d’État est en pleine capacité d’assumer ses fonctions », a-t-il déclaré. Pour l’ancien Premier ministre, cette opacité alimente la défiance et affaiblit les institutions.
Au-delà de la rumeur, c’est toute la question du système de santé national qui refait surface. Pourquoi les dirigeants centrafricains préfèrent-ils systématiquement se faire soigner à l’étranger ? Une réalité qui souligne les lacunes persistantes des structures sanitaires locales, et interroge sur les priorités des politiques publiques.
Alors que le président Touadéra reste silencieux, la confusion persiste et l’actualité continue d’être dominée par les incertitudes autour de sa santé. Pour l’heure, ni photo récente, ni apparition publique n’est venue mettre un terme définitif aux spéculations.
La Rédaction

