La ville de Barsalogho, située dans le centre-nord du Burkina Faso, est plongée dans un cauchemar inqualifiable depuis 2022, sous le joug impitoyable d’un blocus jihadiste. Le 24 août, ce cauchemar a atteint son paroxysme avec une attaque d’une violence inouïe. Ce jour-là, les hommes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une filiale d’Al-Qaïda opérant au Sahel, ont perpétré un massacre qui a coûté la vie à au moins 300 personnes. Ces victimes, pour la plupart des civils, étaient en train de creuser une tranchée, une tâche qui leur avait été imposée par les autorités militaires dans le cadre d’une stratégie de défense contre les groupes armés terroristes.
Ce massacre marque l’un des moments les plus sombres de l’histoire récente du Burkina Faso, un pays déjà durement éprouvé par le terrorisme. Le choc et l’indignation sont tels que le Collectif Justice pour Barsalogho (CJB) ne mâche pas ses mots pour dénoncer la responsabilité des autorités. Selon le collectif, les populations ont été forcées, sous la menace, à participer à ces travaux de défense, qu’elles ne souhaitaient pas entreprendre. Les mots du collectif résonnent avec une colère sourde : « Le gouvernement persiste dans le déni et la banalisation, tout comme il l’a fait avec les tragédies précédentes. »
La stratégie des tranchées, imposée par le président de la transition, Ibrahim Traoré, est désormais au cœur des critiques. Bien que Traoré ait encouragé les Burkinabè à prendre en main leur défense en creusant des tranchées autour de leurs communes et villages, cette méthode apparaît aujourd’hui comme une erreur tragique, aux conséquences dévastatrices. Le silence des autorités face à cette horreur est assourdissant, alors que les populations locales tentent de survivre dans une situation de terreur et de violence sans précédent.
L’attaque de Barsalogho restera gravée dans les mémoires comme l’exemple absolu de l’horreur que peut engendrer une guerre asymétrique, où des civils innocents se retrouvent pris au piège de stratégies militaires hasardeuses, face à une barbarie qui semble sans limite.
La Rédaction

