Soupçonnée de détournement de fonds publics, la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen jugée dans l’affaire des assistants parlementaires de son parti pour détournement de fonds publics et complicité, au côté de 24 autres prévenus encourt outre deux ans de prison ferme aménageables, cinq ans d’inéligibilité également requis par le parquet contre elle.
Cinq ans de prison dont deux ans ferme aménageables, voilà la réquisition qui a été faite ce mercredi soir à l’encontre de Marine Le Pen. Le risque, ne pas concourir à une quatrième présidentielle de suite. L’accusation a demandé que cette peine soit assortie de l’exécution provisoire c’est-à-dire l’impossibilité de suspendre la peine prononcée même en faisant appel. Une amende de 300.00 euros a également été requise à son encontre. « Empêcher la favorite à la présidentielle de se présenter ne serait pas digne d’une grande démocratie comme la France », a déclaré, un brin inquiet, le député RN Thomas Menagé.
Les magistrats soupçonnent les représentants du RN d’avoir « de manière concertée et délibérée » mis en place, entre 2004 et 2016, un « système de détournement » des enveloppes (21 000 euros mensuels) allouées par l’Union européenne (UE) à chaque député pour rémunérer des assistants parlementaires. Ces derniers auraient travaillé en réalité entièrement ou partiellement pour le RN, lui permettant des économies substantielles de salaires. « Si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, c’est parce qu’elle aura détourné des centaines de milliers d’euros d’argent public et qu’elle aura été condamnée pour cela. C’est l’un des principes fondamentaux de notre République, la même loi pour tous, puissants ou misérables », a estimé le député Arthur Delaporte.
La cheffe de l’extrême droite Marine Le Pen a dénoncé la « violence » et « l’outrance » des réquisitions. Les juges doivent rendre leur décision dans le courant du premier trimestre 2025.
La Rédaction

