Le Brésil a marqué une étape inédite de son histoire. Le Tribunal suprême fédéral (STF) a condamné, jeudi 11 septembre 2025, l’ancien président Jair Bolsonaro à 27 ans et 3 mois de prison pour tentative de coup d’État et quatre autres chefs d’accusation. Quatre juges sur cinq ont voté sa culpabilité, marquant la première condamnation d’un ex-chef d’État brésilien pour ce type de crime.
Une décision historique et symbolique
La presse internationale salue un tournant. El País voit dans le verdict un message fort : la démocratie peut punir ceux qui l’attaquent de l’intérieur. Publico et O Globo rappellent qu’au cours de son histoire, le Brésil a préféré la conciliation politique aux procès. Cette fois, le pays choisit l’exemplarité judiciaire.
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Un procès qui divise profondément
Comparé à un feuilleton mêlant suspense et lenteur (Corriere della Sera), le procès a révélé les fractures du pays. Pour la juge Carmen Lúcia, Bolsonaro et ses complices, dont trois généraux et un amiral, ont tenté de « voler l’âme de la République ». Le complot, inachevé faute de soutien militaire, aurait même prévu un attentat contre Lula.
Réactions intérieures et internationales
Les fils de l’ex-président, Flávio et Eduardo Bolsonaro, dénoncent une persécution politique et cherchent des soutiens à l’étranger. Aux États-Unis, Donald Trump a vivement critiqué la condamnation, et son administration a brandi des menaces de représailles économiques et diplomatiques contre Brasilia.
Bolsonaro, martyr ou poids politique ?
Au Brésil, 42 % des citoyens estiment que l’ancien président est victime d’une chasse aux sorcières (La Tercera). Ses partisans espèrent une amnistie parlementaire, mais les juges s’y opposent fermement. Reste à savoir si Bolsonaro peut encore peser sur la présidentielle de 2026. El País estime qu’il influencera le choix du candidat de droite, tandis que La Folha de Sao Paulo voit en lui un fardeau : sa toxicité politique repousserait l’électorat centriste, clé de la victoire de Lula en 2022.
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Une démocratie mise à l’épreuve
Ce jugement sans précédent met le Brésil face à un dilemme : consolider l’État de droit en tenant un ex-président responsable, ou renforcer le sentiment d’injustice parmi ses partisans et risquer d’alimenter la polarisation. L’histoire dira si Bolsonaro sort de prison en martyr politique ou s’il s’efface comme un symbole déchu de la droite radicale.
La Rédaction

