Au cœur du village de Mbwewe, en Tanzanie, Fatuma Saidi Majogo transforme son expérience de survie face au trachome en un engagement pour toute sa communauté. Ayant échappé à la cécité, elle parcourt aujourd’hui les maisons de son village, incitant les habitants à se faire dépister et à suivre un traitement. Son action, soutenue par Sightsavers et le Ministère tanzanien de la Santé, illustre comment un individu peut devenir un moteur de prévention sanitaire.Le trachome reste l’une des maladies oculaires les plus dévastatrices d’Afrique, principalement dans les zones rurales où l’accès aux soins est limité. Des millions d’Africains, notamment en Éthiopie, au Niger et au Malawi, vivent avec un risque permanent de perte de vision. La propagation de cette infection bactérienne est souvent accélérée par l’absence d’eau potable, l’insalubrité et le manque d’information sur la prévention.Le parcours de Fatuma souligne l’importance de l’éducation communautaire. En allant directement à la rencontre des habitants, elle démontre qu’une approche locale et humaine peut sauver des vies et limiter les séquelles irréversibles de la maladie. Son engagement inspire d’autres initiatives à travers le continent, où la lutte contre le trachome nécessite une combinaison de dépistage, de traitement et de sensibilisation durable.L’exemple de Mbwewe montre que la prévention ne dépend pas uniquement des infrastructures médicales, mais aussi de l’implication active des habitants eux-mêmes. Des actions concrètes, souvent modestes, peuvent ainsi contribuer à changer radicalement le visage de la santé oculaire en Afrique.
La Rédaction

