Avec une personne sur deux ayant accès à l’électricité, l’Éthiopie est devenue en début d’année le 1er pays au monde à interdire l’importation des véhicules diesel et essence. Désormais, pour les particuliers et les entreprises, seules les voitures électriques sont permises d’importation.
La mise en place de ces mesures résulte, selon le gouvernement, de raisons environnementales et surtout économiques. Son objectif : pousser à la consommation d’électricité dont la production explose en Éthiopie depuis la mise en route du grand barrage sur le Nil et ainsi importer moins de carburant. Selon Nati, chauffeur de VTC roulant en voiture électrique, « J’économise beaucoup d’argent en carburant et c’est une voiture toute neuve, se réjouit-il. Je l’aime bien, c’est pour ça que je l’ai achetée ». Nati dépense 14 euros en électricité par mois, contre 160 avant en carburant.
Pour le moment, les utilisateurs des voitures électriques les branchent à la maison, le temps que l’Etat ouvre des stations de charge. Malgré les fréquentes coupures de courant, Nati explique que : « Parfois, il n’y a pas d’électricité, donc on ne part pas et on ne peut pas travailler. Donc, on attend juste que ça revienne », cependant, il est prêt à faire avec.
Bien sûr, avec l’interdiction en début d’année, les habitants ne sont que contraints à l’utilisation des voitures électriques. Elles se sont même multipliées dans les rues de la capitale Addis-Abeba. Certains habitants comme Samuel Addisalem se sont spécialisés dans la vente et la réparation de voitures électriques, bien plus abordables que les voitures à essence, grâce à une baisse des taxes mise en place il y a deux ans par le gouvernement.
Le coût de ces voitures est, pour certains riverains, un luxe. « Si vous achetez une voiture, ça veut dire que vous êtes dans la courbe des revenus moyens, car les voitures sont très chères en Éthiopie en raison des taxes plus élevées que dans d’autres pays », souligne Samson Behrane, analyste financier. « En ce qui concerne les voitures électriques, le gouvernement a procédé à de nombreux ajustements. Mais le problème, c’est que les coûts logistiques restent très élevés. Les importateurs et les vendeurs se font aussi de grosses marges. »
Avec 100.000 voitures électriques importées ces dernières 5 ans, le gouvernement ethiopien vise 400.000 voitures d’ici 2030.
La Rédaction

