Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé une décision lourde de conséquences : à compter de mai 2025, son assistance nutritionnelle sera suspendue pour 650 000 femmes et enfants en Éthiopie. Cette mesure, contrainte par un déficit de financements estimé à 222 millions de dollars pour la période allant d’avril à septembre, intervient alors que les besoins humanitaires explosent dans le pays.
« Les conflits en cours, l’instabilité régionale, les déplacements, les conditions météorologiques extrêmes et les chocs économiques ont laissé plus de 10 millions de personnes confrontées à la faim et à la malnutrition », a rappelé l’agence onusienne dans un communiqué alarmant.
Cette suspension s’inscrit dans un contexte plus large de baisse de l’aide internationale. Selon un rapport de l’OCDE publié récemment, l’aide publique des pays donateurs a chuté de 7,1 % en termes réels par rapport à 2023. En parallèle, plusieurs gouvernements, dont les États-Unis sous la présidence Trump, ont drastiquement réduit leur soutien, aggravant la vulnérabilité des populations déjà fragilisées.
Zlatan Milisic, directeur du PAM en Éthiopie, a appelé à des décisions rapides et significatives, notamment de la part de Washington : « Nous estimons qu’environ 3,6 millions de personnes pourraient perdre l’accès à une aide alimentaire et nutritionnelle vitale dans les semaines à venir si nous ne recevons pas maintenant les financements dont nous avons besoin. »
De son côté, Claire Neville, porte-parole du PAM en Éthiopie, a tiré la sonnette d’alarme : « Nous sommes complètement à court d’aliments nutritionnels enrichis, qui sont essentiels pour traiter la malnutrition aiguë chez les enfants et les mères. » L’agence espérait initialement soutenir deux millions de mères et enfants en 2025.
Alors que l’Éthiopie accueille un million de déplacés internes et voit affluer des réfugiés du Soudan et du Soudan du Sud, la défection des bailleurs de fonds frappe un pays à genoux. L’urgence n’est plus à la prévision, mais à l’action immédiate pour éviter une catastrophe humanitaire d’ampleur.
La Rédaction

