Le Congrès américain se penche cette semaine sur plusieurs dossiers clés liant Washington au continent africain, entre exploitation minière stratégique, énergie et accords commerciaux. Dans un contexte où la Chine renforce son emprise sur les ressources africaines, l’administration Trump cherche à repositionner les États-Unis à travers des initiatives ciblées, notamment en République démocratique du Congo (RDC), au Mozambique et via l’AGOA.
Le contrôle des ressources minières en Afrique : une priorité stratégique
Le sous-groupe de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants sur l’Afrique organise une audition intitulée “Métaux, minéraux et exploitation minière : comment le PCC alimente les conflits et l’exploitation en Afrique”. L’objectif est de mieux comprendre comment la Chine a réussi à dominer l’exploitation minière artisanale du continent, notamment en RDC et au Sahel.
Thierry Dongala, expert en conformité financière, estime que les sanctions américaines en Afrique ont favorisé le monopole chinois :
“Les banques internationales préfèrent éviter les risques liés aux sanctions américaines, laissant aux entreprises chinoises le champ libre pour financer et exploiter les ressources minières.”
L’administration Trump souhaite inverser cette tendance en négociant un accord stratégique avec la RDC. Dans ce cadre, Massad Boulos, conseiller influent de Trump, doit se rendre en Afrique centrale dans les prochains jours.
Un agenda énergétique qui se précise
Le programme énergétique de Trump prend également de l’ampleur, notamment avec un prêt record de 4,7 milliards de dollars accordé par la Banque d’import-export des États-Unis (EXIM Bank). Ce financement vise à soutenir un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) au Mozambique, mené par TotalEnergies.
Ce projet, initialement approuvé sous la première administration Trump, avait été suspendu en raison d’attaques terroristes dans la région de Cabo Delgado. Son relancement marque le retour des États-Unis dans l’exploitation énergétique africaine, alors que Pékin multiplie les investissements sur le continent.
L’AGOA en suspens : un avenir incertain
Le Congrès débat également du renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), qui permet aux pays d’Afrique subsaharienne d’exporter sans droits de douane vers les États-Unis.
Madagascar, le Kenya et l’Afrique du Sud, principaux bénéficiaires du programme, multiplient les démarches pour convaincre Washington de le prolonger. Mais certains législateurs républicains doutent de la pertinence d’un accord commercial qui ne profite pas suffisamment aux États-Unis. L’AGOA expirera le 1er octobre si le Congrès ne le reconduit pas.
Le PEPFAR menacé par des coupes budgétaires
Par ailleurs, l’un des piliers de la politique humanitaire américaine en Afrique, le Plan d’urgence du président pour la lutte contre le sida (PEPFAR), se trouve dans une situation critique.
Des dispositions-clés du programme commencent à expirer ce 25 mars, et l’administration Trump, engagée dans une réduction drastique de l’aide étrangère, ne semble pas pressée de le renouveler. Sans décision rapide du Congrès, des millions de patients africains pourraient voir leur accès aux traitements perturbé.
Washington et l’Afrique : un tournant sous Trump ?
Avec ces différents dossiers, la politique africaine des États-Unis sous Donald Trump prend une tournure plus transactionnelle et pragmatique. Entre intérêts miniers, stratégie énergétique et réévaluation des accords commerciaux, l’administration Trump cherche à maximiser les bénéfices pour les États-Unis tout en limitant l’influence chinoise sur le continent.
Reste à voir si le Congrès suivra cette ligne, notamment sur l’AGOA et le PEPFAR, où des résistances persistent.
La Rédaction

