Le conflit syrien est devenu bien plus qu’un affrontement interne. Au fil des années, la guerre civile a attiré de nombreux acteurs internationaux qui ont pris parti, chacun selon ses intérêts stratégiques. Aujourd’hui, le choix entre soutenir Bashar al-Assad ou se ranger du côté des djihadistes concerne non seulement le peuple syrien, mais aussi plusieurs grandes puissances régionales et mondiales. Depuis le début du conflit, des pays comme la Russie, la Turquie et les États-Unis ont clairement fait leur choix, et ces décisions ont grandement influencé le cours des événements.
La Russie : Un soutien indéfectible au régime Assad
La Russie, alliée fidèle du régime d’Assad, a déployé son soutien militaire, politique et diplomatique dès 2015. L’objectif de Moscou était non seulement de maintenir son accès à la Méditerranée, notamment à sa base navale de Tartous, mais aussi de préserver son influence dans la région face à l’Occident. En soutenant Assad, la Russie a non seulement consolidé son rôle de puissance régionale, mais elle a également contrecarré les tentatives occidentales de renverser le régime syrien. Ce soutien a permis à Assad de reconquérir une grande partie du territoire, y compris Alep, malgré les frappes aériennes de l’aviation russe, souvent perçues comme des violations des droits humains .
La Turquie : L’opposant à Assad, mais avec ses propres enjeux
De son côté, la Turquie, sous la direction de Recep Tayyip Erdoğan, a pris position contre le régime d’Assad dès le début du conflit, soutenant divers groupes rebelles. Cependant, la politique turque a évolué, en particulier face à la montée en puissance des groupes djihadistes comme HTS, que la Turquie considère également comme une menace pour ses propres intérêts sécuritaires. La Turquie a cherché à établir une zone tampon dans le nord de la Syrie pour empêcher la propagation de l’extrémisme tout en renforçant son influence dans les zones sous contrôle rebelle. Bien que son objectif initial ait été d’évincer Assad, la Turquie se retrouve désormais à jongler avec un équilibre complexe entre soutenir l’opposition modérée et contenir l’influence des djihadistes .
Les États-Unis : Un soutien divisé entre la lutte contre Assad et la menace djihadiste
Les États-Unis, quant à eux, ont d’abord soutenu des groupes rebelles modérés dans le but de renverser Assad, une position motivée par des préoccupations concernant les droits humains et l’alignement stratégique avec les alliés régionaux comme l’Arabie saoudite. Cependant, face à la montée des groupes djihadistes, notamment l’État islamique (EI) et HTS, les États-Unis ont été contraints de réorienter leurs efforts, se concentrant sur la lutte contre ces organisations extrémistes tout en continuant de soutenir les forces kurdes, principalement les YPG, dans le nord du pays. Les relations entre Washington et Ankara se sont tendues à cause du soutien américain aux Kurdes, que la Turquie considère comme des terroristes liés au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Cette situation a ajouté une nouvelle dimension au conflit syrien, où les priorités occidentales oscillent entre la lutte contre Assad et l’éradication des djihadistes .
Une région partagée entre deux maux
Ainsi, le choix entre Assad et les djihadistes n’est pas seulement un dilemme pour les Syriens. Il s’agit aussi d’une question géopolitique complexe qui oppose et divise les puissances régionales et mondiales. La Russie, l’Iran et la Chine, tous soutenant Assad, veulent préserver un équilibre régional qui leur est favorable. À l’inverse, des pays comme la Turquie, les États-Unis et l’Arabie saoudite se battent pour un autre avenir pour la Syrie, où l’influence de l’Iran et des groupes djihadistes est contenue, mais sans parvenir à mettre en place une solution stable.
Les Syriens, quant à eux, continuent de payer le prix fort, pris entre ces différentes forces qui manipulent la situation à leur avantage, tandis que les habitants d’Alep, sous la coupe des djihadistes et des frappes russes, en sont les principales victimes. Dans ce contexte, la paix semble aussi lointaine qu’illusoire.
La Rédaction

