Les Tagaeri et Taromenane toujours menacés dans le parc national Yasuní
L’Équateur est pointé du doigt par les organisations de défense des droits humains pour ne pas respecter un arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l’homme. La décision visait à protéger les peuples Tagaeri et Taromenane, vivant en isolement volontaire, contre les effets directs de l’exploitation pétrolière dans le parc national Yasuní.
Une ordonnance ignorée
Depuis mars 2025, le gouvernement équatorien est sommé de suspendre les activités pétrolières dans le Bloc 43, zone adjacente à la « Zone Intangible Tagaeri-Taromenane ». Malgré cela, les opérations se poursuivent, exposant les populations autochtones à des risques sanitaires, alimentaires et sociaux majeurs, en contradiction avec le référendum national de 2023 et la décision de la Cour.
Conséquences environnementales et sanitaires
Les communautés Waorani voisines rapportent une pollution accrue des rivières, principales sources d’eau potable, ainsi que des problèmes de santé, notamment des éruptions cutanées et la mort d’animaux. La production dans le Bloc 43 reste constante, à hauteur de 1,2 million de barils par mois, tandis que les rapports de surveillance environnementale obligatoires ne sont pas publiés.
Non-respect de la surveillance ordonnée
Le gouvernement n’a pas mis en place la commission technique prévue par la Cour pour suivre les déplacements des Tagaeri et Taromenane et recommander l’extension de la zone protégée. Cette absence de contrôle fragilise la protection des populations autochtones et contrevient aux obligations internationales de l’Équateur, notamment la Convention américaine relative aux droits de l’homme et l’Accord d’Escazú.
Réformes institutionnelles et faiblesses de l’État
La rétrogradation du ministère de l’Environnement et du ministère des Droits humains a affaibli la capacité de l’État à protéger les territoires autochtones et à prévenir les intrusions de tiers. Ces changements, couplés à des réductions budgétaires, augmentent les risques pour les Tagaeri et Taromenane et mettent en danger leur survie.
Appel à la conformité et à la protection
Pour Human Rights Watch, la poursuite de l’exploitation dans le Bloc 43 viole la volonté démocratique du peuple équatorien et les engagements internationaux du pays. L’organisation appelle le gouvernement à suspendre immédiatement toutes les opérations pétrolières et à collaborer avec les communautés autochtones afin d’assurer leur protection et celle de l’Amazonie.
La Rédaction
Source : Human Rights Watch, Rapport sur les droits des peuples autochtones et l’exploitation pétrolière en Équateur, mars 2026

