L’homme le plus riche du monde et principal donateur de Donald Trump menace de financer des adversaires aux primaires républicaines.
Elon Musk, PDG de Tesla et SpaceX, a lancé un avertissement retentissant à l’establishment républicain : il financera des candidats opposés à ceux qui soutiennent le vaste projet de loi budgétaire proposé par Donald Trump, surnommé le « One Big Beautiful Bill Act ». Ce texte, controversé, inclut notamment une augmentation historique du plafond de la dette américaine de 5 000 milliards de dollars, suscitant l’indignation du magnat de la tech.
Une rupture publique entre Musk et Trump
Cette prise de position marque une rupture notable entre Musk et l’ex-président Trump, malgré le fait que Musk ait été le plus grand donateur individuel de la campagne présidentielle républicaine de 2024 avec 277 millions de dollars versés.
Sur le réseau X (ex-Twitter), Musk a dénoncé le projet de loi comme une « abomination répugnante », fustigeant des « dépenses insensées » et qualifiant l’ensemble de la classe politique de « PARTI PORCINET ». Il a également promis que les élus républicains soutenant ce texte « perdront leur primaire l’année prochaine, même si c’est la dernière chose que je fais sur cette Terre ».
Un projet de loi au coût vertigineux
Le « One Big Beautiful Bill Act » étend les réductions fiscales de 2017 mises en place sous Trump, initialement prévues pour expirer fin 2025. Selon le Committee for a Responsible Federal Budget, ce prolongement pourrait à lui seul creuser les déficits fédéraux de 5 000 milliards de dollars d’ici 2034.
Le Congressional Budget Office (CBO), agence budgétaire non partisane, estime que l’impact du texte sur la dette pourrait atteindre 3,8 billions de dollars, alors même que la dette publique américaine dépasse déjà les 36 billions.
Des figures conservatrices, comme le sénateur Rand Paul, dénoncent ce projet comme un « suicide politique » et une « trahison des principes budgétaires du parti ». Ironie du sort, en 2013, Trump lui-même écrivait qu’il était « honteux » que les républicains relèvent le plafond de la dette.
Une querelle personnelle à haute intensité
La querelle entre les deux milliardaires a éclaté début juin, lorsque Musk a accusé Trump de figurer dans les « dossiers Jeffrey Epstein » et a même appelé à sa destitution. Trump a riposté en menaçant de couper les contrats fédéraux des entreprises de Musk, affirmant que ce dernier avait « perdu la tête ».
Malgré une tentative de trêve orchestrée par des proches de Trump, dont le vice-président JD Vance, les tensions ont repris le 30 juin, lorsque Musk a réitéré sa promesse de s’opposer politiquement à tout élu soutenant la législation controversée.
Le poids financier de Musk dans le parti républicain
Avec ses 277 millions de dollars versés en 2024, Musk a redessiné les rapports de force internes au Parti républicain. Il a injecté 239 millions dans son America PAC, ainsi que plus de 50 millions dans des organisations comme Citizens for Sanity, connues pour leurs campagnes virulentes sur l’immigration et les droits des personnes transgenres.
Même s’il a annoncé en mai 2025 vouloir réduire ses investissements politiques, Musk reste une puissance financière incontournable. Il continue de revendiquer un rôle déterminant dans les victoires républicaines de 2024, affirmant : « Sans moi, Trump aurait perdu. »
La Rédaction

