L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a proclamé la victoire de l’Égypte sur le paludisme, marquant ainsi la fin d’une lutte millénaire contre cette maladie. Cette annonce, qualifiée de “véritablement historique” par l’OMS, symbolise un tournant majeur pour le pays des Pharaons.
Le paludisme, présent en Égypte depuis des millénaires, a profondément marqué l’histoire du pays. L’un des cas les plus emblématiques reste celui de Toutankhamon, le jeune pharaon mort à 19 ans, probablement des suites d’une maladie osseuse et de crises de paludisme il y a environ 3 500 ans. “La maladie qui a affligé les Pharaons appartient désormais à l’histoire et non à l’avenir,” a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, soulignant la portée symbolique de cet accomplissement.
La lutte contre le paludisme en Égypte a pris son essor il y a plus d’un siècle. Les autorités égyptiennes de l’époque ont adopté des mesures strictes, comme l’interdiction des cultures trop proches des habitations, pour réduire la propagation des moustiques. Le Delta du Nil, riche en cultures céréalières et irrigué par le Nil, constituait un foyer important pour les moustiques vecteurs du paludisme. La région du Sud, proche de la frontière soudanaise, est restée particulièrement vulnérable jusqu’à ces dernières décennies, avec le dernier cas de transmission indigène remontant à 1998.
Pour déclarer officiellement l’éradication du paludisme, l’Égypte a dû démontrer qu’aucun cas local, en dehors de ceux importés par des voyageurs, n’avait été enregistré depuis trois ans. Une mission de terrain a été organisée récemment pour vérifier cette donnée, combinant analyses de laboratoire et inspections sur place, notamment dans les régions du sud du pays. Les experts ont alors confirmé que le paludisme était désormais absent du territoire égyptien.
Un autre critère essentiel a été la capacité du système de santé égyptien à diagnostiquer et traiter rapidement les éventuels cas de paludisme importés. Selon le docteur Nima Abid, représentant de l’OMS en Égypte, cette réussite est le résultat de décennies d’efforts soutenus. “Ce fut un parcours semé d’embûches, nécessitant un travail acharné de la part des gouvernements successifs et du peuple égyptien,” a-t-il déclaré. Le développement économique de l’Égypte à partir des années 1970 a également joué un rôle crucial, permettant d’améliorer les conditions de vie et de santé publique.
Malgré sa non-contagiosité, le paludisme reste une menace mondiale, causant chaque année 600 000 décès, principalement en Afrique subsaharienne. L’éradication de la maladie en Égypte offre un espoir pour d’autres pays touchés et démontre que des efforts conjoints sur le long terme peuvent porter leurs fruits.
La Rédaction

