L’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo prend une dimension régionale. Avec près de 10 000 infections confirmées en République démocratique du Congo et des cas détectés dans plusieurs autres pays, l’Organisation mondiale de la santé appelle à une mobilisation collective. L’absence de vaccin homologué contre cette souche complique la riposte sanitaire.
L’Afrique fait face à une propagation préoccupante du virus Ebola Bundibugyo. Longtemps concentrée en République démocratique du Congo (RDC), l’épidémie a désormais des répercussions sanitaires au-delà de ses frontières. Le 22 octobre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé les pays concernés à renforcer leur coordination pour empêcher l’apparition de nouvelles chaînes de transmission.
Pour Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, la circulation du virus entre plusieurs territoires exige une surveillance commune et une réponse rapide aux nouveaux foyers.
La RDC concentre l’essentiel des contaminations
Selon les données publiées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), la RDC totalisait, au 21 octobre, 9 704 cas confirmés et 4 687 décès. Huit provinces sont désormais touchées, notamment l’Ituri et le Nord-Kivu, où se concentre une grande partie des infections.
Cette extension géographique complique l’identification des contacts, l’isolement des malades et l’acheminement des équipes sanitaires.
Le Kenya et le Nigeria sous surveillance
Au Kenya, neuf infections, dont un décès, ont été recensées. Plusieurs contaminations concernent des proches du premier patient ainsi que des professionnels de santé.
Le Nigeria a confirmé le 20 octobre un premier cas importé chez une voyageuse passée par l’Ouganda. Quarante-quatre personnes identifiées comme contacts font l’objet d’un suivi sanitaire.
Ces situations illustrent le risque de circulation transfrontalière, sans signifier que tous les pays concernés connaissent une transmission communautaire généralisée.
Une riposte sans vaccin spécifique homologué
Contrairement à certaines autres formes d’Ebola, la maladie provoquée par le virus Bundibugyo ne dispose actuellement d’aucun vaccin spécifiquement homologué. Des candidats vaccins sont en développement, mais leur disponibilité à grande échelle n’est pas acquise.
Dans l’immédiat, la riposte repose sur le dépistage, l’isolement, la prise en charge des patients et la recherche des contacts.
Pour l’OMS, la priorité est d’empêcher que les déplacements entre pays ne favorisent de nouveaux foyers, tout en maintenant une réponse sanitaire coordonnée autour de la RDC.
La Rédaction

