En Afrique centrale, la saison des pluies 2025 s’abat avec une intensité exceptionnelle. Des inondations meurtrières et glissements de terrain ont déjà frappé plusieurs pays, de la République démocratique du Congo au Cameroun, en passant par le Congo-Brazzaville, le Tchad ou encore la République centrafricaine. Des milliers de familles déplacées, des récoltes anéanties, des routes emportées : une catastrophe qui s’étend dans un silence international assourdissant.
RDC : des provinces entières sous l’eau
En République démocratique du Congo, les inondations ont ravagé la capitale Kinshasa début avril, causant la mort d’au moins 33 personnes. Et l’alerte demeure : selon les services météorologiques, les provinces du Kongo-Central, de l’Équateur, de l’Ituri, du Haut-Uélé, du Bas-Uélé et des deux Kivu doivent s’attendre à des précipitations excédentaires jusqu’à fin mai. Routes coupées, villages isolés, champs submergés : la catastrophe est d’ampleur nationale. Le manioc, le maïs et l’arachide, cultures vivrières essentielles, sont gravement atteints.
Cameroun : la terre se dérobe sous les pieds
Au Cameroun, les glissements de terrain menacent particulièrement les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. À Fokoué, Foreke-Dschang ou Kekem, les collines s’effondrent après chaque pluie, fragilisées par une urbanisation mal maîtrisée et des sols gorgés d’eau. Les autorités ont déclenché l’alerte maximale dans plusieurs localités. Les pertes humaines et matérielles s’accumulent, et les habitants vivent dans l’angoisse permanente d’un nouveau drame.
Congo-Brazzaville, Centrafrique, Tchad : des crues invisibles mais dévastatrices
Au Congo-Brazzaville, les fortes précipitations ont entraîné la montée rapide du fleuve Congo, provoquant des inondations à Brazzaville et dans plusieurs localités rurales. En République centrafricaine, le niveau élevé de l’Oubangui menace directement Bangui et les quartiers pauvres installés en bord de fleuve. Au Tchad, des régions du sud, comme le Logone Oriental, ont déjà signalé des débordements précoces, affectant l’accès à l’eau potable et à l’alimentation.
Une vulnérabilité régionale face au climat déréglé
Ces phénomènes ne sont pas des anomalies ponctuelles, mais le symptôme d’un dérèglement climatique global qui frappe durement une région déjà fragilisée. Déforestation massive, gestion urbaine déficiente, pauvreté chronique et manque d’infrastructures renforcent les effets de chaque averse. Plus de 7 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et centrale ont été affectées par les inondations en 2024, selon l’ONU. Cette tendance se poursuit en 2025.
Silence international, urgence locale
Face à l’ampleur de la crise, la réponse internationale reste limitée. L’aide humanitaire arrive au compte-gouttes, les dispositifs d’alerte sont sous-financés, et les populations, elles, survivent comme elles peuvent. L’Afrique centrale paie un lourd tribut à un changement climatique qu’elle n’a pas provoqué. Et pourtant, elle reste seule face à l’eau qui monte.
La Rédaction

