Une transition agroécologique nationale mobilise producteurs, femmes et autorités autour d’une agriculture durable et résiliente.
Le Togo s’engage résolument dans une agriculture plus durable et sobre. Avec le soutien du Réseau national des acteurs de l’agroécologie du Togo (RéNAAT), de la coopération allemande et de l’Union européenne via le programme ProComp de la GIZ, le pays a formé 22 610 producteurs et productrices à travers les cinq régions, dont 50,4 % de femmes, dans le cadre d’une vaste campagne nationale.
Comprendre avant d’agir
Avant de déployer les formations, une étude de terrain a identifié les principaux obstacles à l’adoption des pratiques agroécologiques : exode rural, faible mécanisation, accès limité aux intrants organiques, absence de marchés structurés, mais aussi des contraintes structurelles liées aux politiques agricoles, à l’eau et à l’énergie.
Ces enseignements ont guidé la conception de trois modules pratiques (gestion des sols, des intrants et entretien des cultures) et de supports pédagogiques comprenant six guides et sept fiches techniques, abordant la rotation des cultures, le paillage, l’agroforesterie ou la fabrication de bioprotecteurs naturels.
L’armée des paysans verts s’active sur tout le territoire
Entre octobre 2025 et janvier 2026, 158 techniciens-animateurs ont sillonné les cinq régions, s’appuyant sur un réseau de 49 centres de formation et d’ONG locales. Les sessions, organisées en plein champ, en langues locales et en petits groupes, privilégient la pratique : compostage, préparation de bioprotecteurs à partir de ressources locales et mise en place de coopératives.
Les femmes, majoritaires parmi les participants, y ont trouvé un espace de reconnaissance professionnelle, tandis que les chefs de village et élus locaux ont soutenu l’initiative, montrant que l’agroécologie devient un véritable levier de développement territorial.
Un premier jalon vers un changement durable
Cette première phase a permis de créer une dynamique nationale, de structurer des outils pédagogiques solides et de mobiliser un réseau d’acteurs engagés. La transition agroécologique reste cependant un processus de long terme : sa réussite dépendra de la continuité des efforts, de l’ouverture de débouchés commerciaux, du maintien de l’encadrement technique et de l’alignement des politiques publiques sur ces ambitions.
Le Togo a semé les graines d’un changement profond. L’avenir dira si ces initiatives feront lever un véritable renouveau agricole et une résilience accrue face aux défis climatiques et socioéconomiques.
La Rédaction

