Avec le rapport WBL 2026, les autorités mettent en avant une nouvelle exigence : transformer les avancées légales en résultats tangibles sur le terrain
La présentation du rapport Women, Business and the Law 2026 à Lomé marque un tournant dans l’évaluation des politiques de genre. L’analyse ne se limite désormais plus à l’existence de cadres juridiques favorables aux femmes, mais intègre leur mise en œuvre effective.
Dans son discours d’ouverture, Sandra Ablamba Johnson, ministre et Secrétaire général de la Présidence du Conseil, a souligné que la véritable portée des réformes ne réside pas dans leur adoption formelle, mais dans leur capacité à produire des effets concrets sur les opportunités économiques offertes aux femmes. Une évolution méthodologique que les autorités présentent comme un défi structurant de la politique d’inclusion.
Un changement de paradigme dans l’évaluation internationale


Le rapport Women, Business and the Law 2026 du Groupe de la Banque mondiale consacre une inflexion importante dans l’analyse des politiques d’égalité économique. Il ne s’agit plus uniquement d’évaluer la qualité des dispositifs législatifs, mais également leur application réelle et les mécanismes institutionnels chargés de les rendre effectifs.
Cette approche introduit une lecture plus opérationnelle des réformes : la performance des États est désormais appréciée à l’aune de leur capacité à transformer le droit en réalité économique.
Une gouvernance du genre assumée au niveau stratégique


En inscrivant son intervention dans cette grille de lecture, Sandra Ablamba Johnson a défendu une approche intégrée des politiques publiques. Selon elle, les progrès en matière d’égalité économique ne peuvent être réduits à une accumulation de textes juridiques, mais doivent s’incarner dans des changements mesurables dans l’accès des femmes aux opportunités économiques.
Cette position reflète une conception transversale de l’inclusion, désormais pensée comme un axe structurant de la gouvernance publique.
Des avancées juridiques face à l’épreuve de l’effectivité


Si les réformes engagées sont saluées, les autorités reconnaissent que leur traduction sur le terrain demeure inégale. Les obstacles liés à l’accès aux dispositifs d’accompagnement, à l’appropriation des droits et à la mise en œuvre des mécanismes existants constituent encore des freins importants.
Le défi actuel consiste donc à renforcer les conditions d’application des réformes afin de réduire l’écart entre le cadre légal et la réalité socio-économique.
Des actions ciblées pour 2026

Dans cette perspective, plusieurs initiatives sont annoncées pour 2026, notamment dans le cadre du programme SWEDD+.
Elles portent sur le soutien aux filles déscolarisées, l’amélioration de l’accès à l’état civil, ainsi que l’accompagnement des femmes actives dans les secteurs agricoles, commerciaux et artisanaux. L’objectif est de renforcer l’impact concret des politiques publiques au niveau local.
Une transition encore inachevée


Le Togo se trouve ainsi dans une phase de consolidation de ses acquis en matière d’égalité économique. Si le cadre juridique est désormais jugé solide, la priorité est désormais donnée à l’effectivité des droits et à leur traduction en opportunités réelles.
La crédibilité des réformes dépendra désormais de leur capacité à transformer durablement la place des femmes dans l’économie nationale.
La Rédaction

