Monsieur le Président de l’Assemblée Générale, Mesdames et Messieurs les chefs d’État et de gouvernement, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, Mesdames et Messieurs les chefs de délégation, Mesdames et Messieurs, Il y a huit décennies, quand l’institution qui nous accueille a été créée, le monde sortait du second conflit mondial et l’avenir était résolument perçu comme positif. Aujourd’hui, les crises complexes que connaît notre planète nous obligent à repenser notre modèle de développement et de coopération internationale. Si nous restons passifs, ces crises et ces modèles pourraient entraîner notre planète vers un futur sombre.
Saisissons donc l’opportunité qui nous est donnée ici de changer de cap. Ma première affirmation est qu’à des crises systémiques, il faut des réponses globales. D’une part, les défis alimentaires, sécuritaires ou écologiques actuels dépassent ce que chaque pays est capable de gérer efficacement à lui seul.
Et d’autre part, le caractère enchevêtré de ces crises complexes en fait des crises asymétriques. En effet, elles impactent parfois rapidement et durement des régions du monde parfois peu concernées par leurs causes. C’est pourquoi je redis ici ma conviction profonde.
Face à ces menaces globales, il n’y a d’avenir meilleur pour les générations actuelles et futures que dans l’action collective et coordonnée de nos États. Et cette action collective doit se mener à l’intérieur de cadres politiques mondiaux rénovés. Car le multilatéralisme lui-même doit être repensé.
La gouvernance de nos institutions mondiales est à de nombreux égards obsolète. Et nos discussions comme nos engagements multilatéraux ont montré leurs limites. Pour trouver des solutions réellement efficaces, un nouveau modèle de coopération internationale s’impose.
À ce stade, permettez-moi de dire quelques mots de l’Afrique. Pour regarder l’avenir, il faut regarder vers l’Afrique. L’Afrique va continuer à abriter la plus grande partie de la jeunesse mondiale.
C’est là qu’il y a le potentiel de développement de marchés le plus fort, notamment les nouveaux marchés du futur liés à l’économie verte ou bleue. C’est aussi là que nous devons expérimenter de nouveaux modèles de partenariat multipartite pour le développement, et notamment avec le secteur privé. Ils sont décisifs pour que nos actions aujourd’hui aient un impact positif et durable.
En Afrique comme ailleurs, je pense que l’État doit jouer un rôle central de coordination. Pourquoi ? D’abord parce que l’État est le seul garant de l’intérêt de la population tout entière, et aussi parce qu’il est le seul à jouer un rôle visionnaire et protecteur pour les générations actuelles et futures. Au Togo, nous nous efforçons de bâtir un État fort.
Nous voyons cet État au centre de toutes solutions d’aide au développement et humanitaire, en collaboration avec le secteur privé et la société civile. Je constate que malgré les efforts de ces dernières années, l’aide internationale reste trop souvent déconnectée tant des besoins que des capacités des populations qui en bénéficient. C’est pourquoi il faut renforcer le rôle des États africains dans l’aide au développement comme partenaires réellement stratégiques et équitables.
La relocalisation des efforts de développement est essentielle et doit être plus profonde. Elle doit être financière mais aussi politique. Enfin, il faut davantage de respect et de représentation pour les États africains sur la scène internationale.
Pour que les solutions multilatérales soient véritablement inclusives, elles doivent respecter la dignité et l’égalité de représentation de nos peuples. Nous ne pouvons construire un avenir meilleur que si toutes les voix sont entendues et respectées. C’est aussi cela de laisser personne de côté.
Excellences, Mesdames et Messieurs, mon pays est prêt à jouer pleinement son rôle dans ce vaste effort collectif pour façonner un avenir meilleur. Nous croyons que c’est en travaillant ensemble, dans un esprit de solidarité et de respect mutuel, que nous parviendrons à relever les défis de notre époque et à offrir à nos enfants un monde plus juste, plus prospère et plus durable. Je vous remercie de votre invitation.
LA Rédaction
Transcription audio-vidéo de l’allocation de SEM FAURE GNASSINGBÉ Président de la République à la 79e session de l’assemblée générale de l’ONU.

