Face à la contrefaçon et à la mondialisation qui fragilisent les savoir-faire locaux, le Togo mise sur une riposte stratégique. Du 23 avril au 4 mai 2025, Lomé accueillera la 4ᵉ édition du Marché International de l’Artisanat du Togo (MIATO), une vitrine d’envergure qui entend conjuguer innovation, protection des créations et expansion économique. Plus de 1 000 artisans issus de 20 pays y sont attendus pour promouvoir un artisanat africain protégé et compétitif.
Un enjeu identitaire et économique
Derrière l’éclat des perles d’argile et les motifs vibrants du wax, le MIATO 2025 s’affirme comme un catalyseur pour l’artisanat togolais. « Protéger nos œuvres, c’est préserver notre identité tout en créant des emplois durables », insiste Koffi Adjamagbo, président du comité d’organisation. Un message que partage le Burkina Faso, invité d’honneur, dont les maîtres du bogolan viendront transmettre leur savoir-faire et témoigner des défis liés au plagiat.
L’événement marque un tournant avec le lancement du “Lab Protection”, un espace inédit piloté par des experts de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Objectif : accompagner les artisans dans le dépôt de brevets et sécuriser au moins 200 créations togolaises d’ici 2026. « Nos masques traditionnels étaient copiés et revendus à Dubaï. Aujourd’hui, nous avons les outils pour défendre notre patrimoine », confie Ayawoé, sculpteur d’Atakpamé.
Un levier pour l’exportation et l’innovation
Avec un secteur artisanal représentant 18 % du PIB national, le Togo voit en cet événement un moteur de croissance. En 2023, le MIATO avait déjà permis à 120 artisans togolais de décrocher des contrats à l’international. Pour cette édition, l’accent sera mis sur la bourse aux talents, une plateforme de mise en relation entre créateurs et investisseurs, avec un focus sur l’upcycling et la mode éthique, secteurs en plein essor.
MIATO 2025 ne se contente donc pas d’exposer le savoir-faire africain : il se positionne comme un espace de conquête économique et de résistance face aux menaces qui pèsent sur l’artisanat. Un pari ambitieux, mais nécessaire, pour garantir à l’artisanat togolais un avenir prospère et protégé.
La Rédaction

