Face à une instabilité croissante au Moyen-Orient, Oman exhorte Washington et Téhéran à renouer le dialogue sur des bases plus réalistes. En déplacement au Caire, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr bin Hamad al-Busaidi, a plaidé mardi pour un cadre de négociation renouvelé, fondé sur le pragmatisme et l’urgence géopolitique.
Lors d’une conférence conjointe avec son homologue égyptien, Badr Abdelatty, il a déclaré qu’« il n’est plus temps d’exigences irréalistes ». Selon lui, seuls un esprit de compromis et des attentes ajustées peuvent permettre une reprise constructive des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis.
Ce nouvel appel intervient dans un contexte de tensions multiples. À Gaza, les combats continuent de faire des ravages, tandis qu’au large de l’Iran, les inquiétudes montent autour d’un possible blocage du détroit d’Ormuz. Des responsables américains évoquent le déploiement récent de mines navales par l’Iran, faisant craindre une entrave au passage de près d’un cinquième du pétrole mondial.
Le chef de la diplomatie égyptienne, de son côté, a mis en garde contre une dégradation prolongée de la situation à Gaza. Il a évoqué la possibilité d’un cessez-le-feu de 60 jours, à condition qu’Israël assume pleinement ses responsabilités. Pour Le Caire comme pour Mascate, il est temps de créer les conditions d’un apaisement durable à travers des efforts coordonnés.
L’initiative omanaise, discrète mais persistante, reflète l’ambition de certains États arabes de redevenir des médiateurs clés dans les grandes fractures régionales. À mesure que les tensions militaires et diplomatiques s’intensifient, leur rôle d’intermédiaires neutres pourrait redevenir décisif.
La Rédaction

