Sous l’étau des sanctions économiques des États-Unis, Cuba connaît une hémorragie de talents qui frappe durement des secteurs vitaux comme la santé et l’éducation. Selon un think tank américain, le Centre de recherche économique et politique, cette crise d’exode trouve ses racines dans l’un des régimes de sanctions les plus anciens et les plus stricts au monde, en vigueur depuis plus de soixante ans.
Face à cette situation, une écrasante majorité des pays membres des Nations unies a de nouveau demandé la levée des sanctions illégalement imposées à l’île communiste depuis 1962. Ce long embargo, le plus ancien de l’histoire moderne, ne bénéficie plus que d’un seul soutien inconditionnel sur la scène internationale : Israël, allié indéfectible de Washington dans cette politique de restriction.
Les chiffres de l’émigration sont saisissants : plus de 400 000 Cubains – soit environ 4 % de la population de l’île – ont tenté de rejoindre les États-Unis, fuyant un contexte économique asphyxié. Cet exode massif est d’autant plus préoccupant qu’il touche un nombre croissant de professionnels hautement qualifiés, poussés par l’aspiration à de meilleures conditions de vie.
Le rapport de l’Observatoire des sanctions rappelle que les mesures d’embargo, qui avaient connu une légère accalmie sous la présidence de Barack Obama, se sont durcies avec l’arrivée de Donald Trump. Ces mesures restrictives n’ont guère été allégées par l’administration Biden, laissant Cuba sous un isolement économique paralysant.
Aujourd’hui, les conséquences se font sentir de manière poignante : la fuite des cerveaux accentue les pénuries de personnel qualifié, alors que les besoins de la population cubaine sont grandissants dans des domaines cruciaux. Les États-Unis, bien qu’à quelques kilomètres seulement de l’île, contribuent à maintenir cette pression qui déstabilise Cuba, en créant un climat propice à l’émigration et au déséquilibre des compétences essentielles pour l’avenir de l’île.
La Rédaction

