L’Iran est de nouveau au cœur des préoccupations internationales. Tandis qu’un rapport confidentiel de l’AIEA révèle des activités nucléaires non déclarées, Téhéran s’apprête à rejeter une proposition américaine de sortie de crise.
Les négociations autour du programme nucléaire iranien semblent s’enliser. D’un côté, un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), consulté par Reuters, accuse l’Iran d’avoir mené des activités nucléaires secrètes sur au moins trois sites non déclarés. De l’autre, Téhéran s’apprête à rejeter une nouvelle offre des États-Unis visant à rétablir un accord, jugée “unilatérale” et contraire à ses intérêts.
Des activités secrètes dénoncées par l’AIEA
Le rapport de l’agence onusienne, remis aux États membres, pointe l’existence d’un programme nucléaire structuré et dissimulé, mené jusqu’au début des années 2000. Selon l’AIEA, de la matière nucléaire non déclarée aurait été utilisée sur trois sites faisant l’objet d’une enquête prolongée.
L’AIEA évoque également d’autres installations potentielles encore non identifiées. Ces révélations viennent fragiliser davantage la position iranienne, déjà sous forte pression diplomatique. Israël a immédiatement réagi, qualifiant le rapport de preuve que “le programme nucléaire iranien n’a jamais été pacifique”.
“Le niveau d’uranium enrichi atteint par l’Iran n’existe que dans des pays qui cherchent activement à se doter d’armes nucléaires”, a martelé le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Vers un rejet de l’offre américaine
Alors que les soupçons s’intensifient, une proposition américaine, transmise par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères d’Oman, semble vouée à l’échec. Un diplomate iranien de haut rang, proche de l’équipe de négociation, a confié à Reuters que l’Iran s’apprêtait à donner une réponse négative à l’offre, dénonçant une approche “déséquilibrée”.
En cause : l’exigence de Washington de mettre fin à l’enrichissement d’uranium sur le sol iranien, et de transférer tout l’uranium enrichi à l’étranger. Téhéran juge ces conditions inacceptables, tant qu’une levée complète des sanctions américaines n’est pas garantie.
Selon les autorités iraniennes, le comité de négociation nucléaire, sous la supervision du guide suprême Ali Khamenei, considère la proposition comme vouée à l’échec.
Une impasse de plus en plus dangereuse
Les révélations techniques de l’AIEA et le blocage des négociations politiques renforcent les inquiétudes sur une reprise incontrôlée du programme nucléaire iranien. La diplomatie semble incapable d’enrayer un processus de radicalisation des positions : l’Occident exige la transparence et des garanties strictes ; l’Iran réclame un allègement des sanctions qu’il juge “asphyxiantes”.
Cette impasse alimente les spéculations sur un possible durcissement des tensions régionales, voire un nouveau cycle de confrontation. À mesure que la défiance s’installe, la voie diplomatique se rétrécit.
La Rédaction

