L’Arabie saoudite, seule en lice pour accueillir la Coupe du Monde 2034, prévoit d’organiser cet événement sportif majeur dans des infrastructures ultramodernes. Pourtant, derrière les annonces officielles et les promesses de grandeur, un scandale lié aux conditions de travail des ouvriers migrants vient éclabousser cette candidature.
Une ambition sportive et économique
Le royaume, qui a attiré des stars du football telles que Cristiano Ronaldo, Sadio Mané ou encore Neymar, mise sur le sport pour renforcer son rayonnement international. En témoigne le chantier du futur Stade King Salman, présenté comme le plus grand du pays, avec une capacité de 92 000 places. Ce complexe ultramoderne doit inclure des équipements variés, allant de jardins panoramiques à des installations commerciales et sportives.
Cependant, cette vitrine d’innovation cache des révélations alarmantes concernant les droits des travailleurs impliqués dans ces projets titanesques.
Des conditions de travail déplorables
Selon une enquête conjointe de The Guardian et du Daily Mail, appuyée par plusieurs ONG, des centaines de milliers de travailleurs migrants originaires d’Asie du Sud subissent des abus systématiques. Passeports confisqués, salaires impayés et contrats trompeurs les plongent dans une forme moderne d’esclavage. Beaucoup travaillent sous une chaleur étouffante, souvent à plus de 45 degrés, pour des salaires avoisinant 2,39 euros de l’heure.
Le rapport « High Stakes Bids » d’Amnesty International souligne l’urgence d’interrompre les préparatifs afin d’éviter de nouvelles pertes humaines. Depuis le lancement de Vision 2030, programme-phare de modernisation du royaume, plus de 21 000 ouvriers népalais, bangladais et indiens auraient perdu la vie sur des chantiers similaires.
La responsabilité de la FIFA
La FIFA est pointée du doigt pour son manque de rigueur en matière de respect des droits humains. Contrairement au processus de candidature pour 2026, les exigences actuelles ont été considérablement assouplies, facilitant ainsi la candidature saoudienne. Des critiques s’élèvent, accusant l’organisation de fermer les yeux sur les abus.
Les révélations sur les pratiques de l’Arabie saoudite soulignent un problème plus large : la complicité des instances sportives internationales dans des violations systématiques des droits de l’homme. Comme le rappelle Stephen Cockburn d’Amnesty International, « la FIFA sait que des travailleurs risquent leur vie dans ces conditions. Elle ne pourra jamais prétendre ignorer les conséquences de ses décisions. »
Une Coupe du Monde sous tension
Alors que les démarches pour l’organisation de la Coupe du Monde 2034 progressent, les voix réclamant justice et responsabilité se multiplient. Le modèle actuel, privilégiant des projets pharaoniques au détriment des droits humains, ternit l’image du football mondial.
La candidature saoudienne, présentée comme un symbole d’innovation, risque de devenir un précédent dramatique dans l’histoire du sport. Alors que les yeux du monde entier se tournent vers Zurich pour l’annonce officielle, l’avenir de cette Coupe du Monde soulève une question cruciale : à quel prix le spectacle peut-il se poursuivre ?
La Rédaction

