À six mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, ancien président et leader du PPA-CI, met en garde le gouvernement ivoirien. Radié de la liste électorale et inéligible, l’ex-président a annoncé lors d’un récent Comité central que, si ses revendications demeuraient sans réponse, il lancerait une insurrection populaire. Selon lui, la rue pourrait devenir le seul recours pour exprimer le mécontentement des Ivoiriens.
Un appel à la mobilisation
« On prendra les rues, mais pas demain », a déclaré Laurent Gbagbo, insistant sur le fait qu’il ne précipiterait pas l’action, mais que si les conditions ne s’amélioraient pas, il n’hésiterait pas à faire descendre ses partisans dans les rues. Il a précisé que cette décision ne se prendrait pas à la légère et qu’il attendrait encore quelques mois, espérant que le dialogue puisse résoudre la crise actuelle. L’ex-président a ajouté : « On leur laissera du temps pour se corriger et arranger le pays ».
Le mouvement « Trop, c’est trop »
Gbagbo a également lancé un nouveau mouvement populaire, baptisé « Trop, c’est trop », visant à rassembler tous les Ivoiriens mécontents de la situation socio-économique et politique. Ce mouvement, qui s’adresse au-delà des sympathisants du PPA-CI, est une réponse directe aux difficultés de la vie quotidienne et aux frustrations politiques. « La vie est trop chère pour toi ? Nous t’ouvrons les portes », a-t-il lancé, cherchant à unir les voix de ceux qui, selon lui, souffrent sous le poids d’une mauvaise gestion gouvernementale.
Soutien au PDCI-RDA : un geste de solidarité inattendu
En dépit des relations historiques tumultueuses entre le PPA-CI et le PDCI-RDA, Laurent Gbagbo a exprimé son soutien au PDCI, particulièrement en cette période de crise interne. L’ancien président a souligné l’importance de défendre ce parti historique, qui joue un rôle clé dans la politique ivoirienne. « Nous ne devons pas laisser mourir le PDCI. C’est une expression politique essentielle pour le pays », a-t-il insisté, précisant que ce soutien était désintéressé et ne visait aucun bénéfice politique pour le PPA-CI.
À quelques mois de l’élection, ces déclarations marquent une nouvelle phase de la politique ivoirienne. Le climat pré-électoral s’annonce plus tendu que jamais, avec des menaces de mobilisation populaire venant des principaux opposants au régime.
La Rédaction

