Après l’accord de paix, l’est de la RDC connaît une nouvelle escalade entre l’armée et les rebelles du M23
L’est de la République démocratique du Congo est de nouveau le théâtre d’une violence dévastatrice. Depuis mardi, les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l’AFC-M23 se sont intensifiés, provoquant un exode massif des populations civiles dans le Sud-Kivu.
À Mulumbulwa Gabriel, habitant de Luvungi, de témoigner : « Le M23 et l’armée congolaise lâchent beaucoup de bombes sur Luvungi. Depuis avant-hier, il y a eu de nombreux morts. Hier, des gens ont été tués dans mon quartier, c’est pourquoi nous avons décidé de fuir aujourd’hui. »
Les localités de Katogota, Kamanyola et les environs subissent de plein fouet ces violences, tandis que les combats se poursuivent autour de Luvungi, dans la plaine de la Ruzizi. Des sources locales font état d’une vingtaine de civils tués depuis le début de l’escalade, victimes innocentes d’une guerre qui semble sans fin.
Aline Sambuka, mère de famille, raconte sa fuite vers Uvira : « Nous marchons vers Uvira. Que les autorités nous aident à mettre fin à cette guerre ! Nous voulons rentrer chez nous et vivre normalement. Beaucoup de gens sont morts à cause des bombardements. J’ai survécu avec mes enfants. »
Cette reprise des hostilités survient seulement quelques jours après la signature d’un accord de paix, conclu à Washington entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Sur le terrain, cet accord semble déjà réduit à néant. Les FARDC et le M23 s’accusent mutuellement de violer un cessez-le-feu qui n’a manifestement jamais été effectif.
Les rebelles renforcent leurs positions au nord, tandis que l’armée congolaise se replie stratégiquement au sud, dans un contexte humanitaire extrêmement fragile. La situation suscite une inquiétude croissante parmi la population et les acteurs humanitaires internationaux, qui appellent à un retour urgent au dialogue et à la protection des civils.
La Rédaction

