Un cinquième ancien ministre écroué, accusé de détournements massifs de fonds publics : le gouvernement Faye frappe fort contre la corruption d’État.
La campagne anticorruption promise par le président Bassirou Diomaye Faye prend une tournure spectaculaire. Pour la cinquième fois en quelques semaines, un ancien haut responsable du régime de Macky Sall vient d’être inculpé et placé en détention provisoire. Il s’agit d’Amadou Mansour Faye, ex-ministre du Développement communautaire et par ailleurs beau-frère de l’ancien président.
Selon un rapport parlementaire, Amadou Mansour Faye est soupçonné d’avoir détourné plus de 4,6 millions de dollars de fonds publics. La Haute Cour de justice, instance chargée de juger les anciens membres du gouvernement, a ordonné sa mise en détention et a rejeté toute demande de libération sous caution.
Il s’agit du troisième ministre incarcéré dans cette série de poursuites ciblées. Avant lui, Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel, avait été placé en détention pour le détournement présumé de 4 millions de dollars, issus du fonds national de lutte contre la pandémie de Covid-19. Quelques jours plus tard, Aissatou Sophie Gladima, ex-ministre des Mines, était à son tour mise en cause pour avoir soustrait 330 000 dollars destinés aux mineurs touchés par la crise sanitaire.
Ces arrestations en cascade marquent un tournant. Le nouveau pouvoir cherche à tourner la page d’une gouvernance entachée de soupçons de malversations, tout en envoyant un message fort : l’immunité politique ne protégera plus les auteurs de crimes financiers.
La Haute Cour de justice, longtemps critiquée pour sa lenteur et son manque d’indépendance, semble désormais bénéficier d’un appui renouvelé de l’exécutif. Cette nouvelle dynamique judiciaire nourrit un débat national : faut-il aller jusqu’à réformer en profondeur les mécanismes de reddition des comptes, y compris pour les institutions de contrôle elles-mêmes ?
Alors que le Sénégal entre dans une phase politique inédite, le sort judiciaire des anciens dignitaires de l’ère Sall pourrait redéfinir les contours de la responsabilité politique dans le pays.
La Rédaction

